
Féminicide en Suisse : perpétuité pour l'ex-Miss réduite en charpie
Marc Rieben condamné à la prison à vie pour le meurtre et la destruction du corps de son épouse, ex-candidate à Miss Suisse.
La justice bâloise a frappé fort. Le tribunal pénal de Bâle-Campagne a condamné Marc Rieben à la réclusion à perpétuité pour le meurtre de son épouse Kristina Joksimovic, une ancienne candidate au concours Miss Suisse, et pour outrage à la mémoire des morts. En février 2024, dans le village de Binningen, l’homme de 42 ans avait étranglé sa femme à l’aide d’un lien, avant de démembrer son corps à l’aide d’outils électriques. Pour tenter de faire disparaître toute trace, il avait réduit les restes en purée dans un mixeur industriel et plongé les morceaux dans une solution caustique, un procédé digne des scénarios les plus macabres. Le verdict, rendu après des débats qui ont glacé l’audience, a écarté la thèse de la légitime défense avancée par l’accusé. Les juges ont estimé que rien ne justifiait une telle sauvagerie, insistant sur la préméditation et la volonté délibérée d’anéantir la victime jusque dans sa dépouille.
Ce crime a provoqué une onde de choc bien au-delà des frontières helvétiques. En Suisse, le débat sur les violences conjugales a été relancé avec une acuité particulière : Kristina Joksimovic avait entamé une procédure de divorce, et le drame est survenu après une discussion houleuse sur la garde des enfants et la pension alimentaire. Dans les médias allemands, la qualification de « féminicide le plus cruel de Suisse » a été largement reprise, soulignant l’effroi que suscite la combinaison d’un geste fatal et d’une tentative méthodique d’effacement du corps. Pour les observateurs européens, ce fait divers dépasse l’anecdote judiciaire : il illustre la persistance d’une violence domestique extrême, même dans des sociétés réputées apaisées. Au sein de la francophonie – du Canada à la Belgique en passant par l’Afrique –, la couverture de l’affaire a ravivé les appels à renforcer les mesures de protection des femmes en instance de séparation, souvent les plus vulnérables face à un conjoint qui refuse de lâcher prise.
Au-delà de l’horreur factuelle, le jugement marque un tournant dans la manière dont la justice suisse appréhende la destruction des corps comme circonstance aggravante. La peine maximale prononcée – la prison à vie, assortie d’une obligation de verser plus d’un demi-million de francs aux proches et de payer des frais de justice colossaux – vise à envoyer un signal sans équivoque : la dissimulation des preuves par la mutilation ne soustrait pas le coupable à la sanction, bien au contraire. Reste que ce verdict ne guérit pas les blessures d’une famille orpheline, ni ne dissipe l’inquiétude des associations féministes, qui pointent un nombre toujours élevé de féminicides en Suisse et ailleurs. L’affaire Rieben, par sa monstruosité même, a brisé un tabou : celui d’une violence domestique poussée jusqu’à la destruction totale de l’autre, non seulement dans sa chair mais dans sa mémoire. Les législations devront désormais intégrer cette dimension pour mieux protéger, mieux prévenir – avant qu’il ne soit trop tard pour réduire en miettes la vie de la prochaine victime.
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.70 | critical |
| Presse latino-américaine | −0.60 | critical |
La presse européenne continentale présente le verdict comme un jugement historique contre le féminicide, tout en exprimant un malaise face à la manière dont le tribunal a permis à l'accusé de faire du procès une scène d'auto-mise en scène. L'accent est mis sur la cruauté du crime et le problème systémique des violences de genre, avertissant que la condamnation doit servir de précédent au-delà de ce cas particulier. L'attention reste centrée sur la dignité de la victime et la nécessité de réformes judiciaires pour éviter de telles dérives.
La presse atlantique propose un récit sensationnaliste et horrifique centré sur les détails macabres du meurtre, du démembrement et du mixage des restes. L'accent est mis sur l'absence d'émotion de l'accusé, le chagrin brut de la famille au tribunal et la nature choquante du crime qui a fait la une des médias mondiaux. Le traitement se concentre quasi exclusivement sur le spectacle macabre, considérant le verdict comme une juste conclusion d'un cas cauchemardesque, sans en tirer de leçon sociétale plus large.
La presse latino-américaine présente l'affaire comme une conséquence brutale d'une dispute conjugale autour du divorce et de la garde des enfants, mettant en lumière le contexte domestique du féminicide. Le récit souligne le rejet de la légitime défense par le tribunal et la peine de prison à vie, mais se concentre moins sur l'analyse juridique que sur les faits sanglants du crime. La narration est ouvertement condamnatoire et présente la tragédie comme une illustration crue de la violence de genre dans les relations intimes.
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