
FIFA et la manne mondiale : primes records, clientélisme et pouvoir absolu
Le Mondial 2026 redistribuera 355 millions de dollars aux clubs, une hausse de 70 % qui renforce le système de loyauté façonné par Gianni Infantino.
À l’approche de la Coupe du monde 2026, la FIFA dévoile un dispositif financier sans précédent. Le Club Benefits Programme atteindra 355 millions de dollars, soit une augmentation de 70 % par rapport à l’édition qatarie. Chaque club percevra près de 11 000 dollars par jour et par joueur convoqué, depuis la mise à disposition jusqu’au lendemain de l’élimination de sa sélection. Derrière ces chiffres, c’est tout un système de redistribution qui se réorganise, et avec lui, les équilibres de pouvoir au sein du football mondial.
En Allemagne, la Fédération (DFB) a choisi de ne plus divulguer le montant exact des primes promises aux joueurs en cas de titre, une rupture avec la transparence affichée lors des précédentes éditions. Son directeur sportif, Andreas Rettig, a simplement indiqué que la somme serait supérieure à celle de 2022 – 400 000 euros par joueur – en raison des recettes plus élevées générées par la compétition. Cette discrétion stratégique intervient alors que le débat sur la rémunération des internationaux s’intensifie, notamment dans les ligues européennes où les clubs estiment payer deux fois : les salaires de leurs stars et, indirectement, les caisses de la FIFA.
Du côté de Téhéran, la perspective des 1 248 joueurs engagés – contre 832 en 2022 – suscite un calcul précis. Selon les estimations iraniennes, même un éliminé au premier tour rapporterait à son club 250 000 dollars par joueur, un montant qui change la donne pour des championnats moins riches. La multiplication des participants et l’allongement du calendrier transforment chaque convocation en rente. Mais cette manne n’est que la partie émergée d’un édifice plus vaste : le versement de près de 3 milliards de dollars aux 211 fédérations nationales sur le cycle 2027-2030, comme le souligne la presse russe.
Cette débauche de liquidités n’est pas neutre. Avant l’arrivée de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA, les versements aux fédérations plafonnaient à 400 millions de dollars par cycle. L’ancien programme Goal, lancé sous Sepp Blatter, était entaché d’opacité et de soupçons de corruption. Aujourd’hui, le quadruplement des sommes allouées s’accompagne d’un renforcement du contrôle central. Chaque fédération dépend davantage de Zurich pour financer son développement, créant un lien de loyauté directe. Infantino, réélu sans opposition en 2024, verrouille ainsi son pouvoir : les bénéficiaires sont aussi ses obligés.
À Buenos Aires, l’onde de choc financière se mesure en dollars quotidiens. Les clubs argentins, de Boca Juniors à River Plate, attendent près d’un million de dollars minimum pour leurs joueurs convoqués. Si l’Albiceleste parvient en finale, chaque club empochera 242 000 dollars supplémentaires par joueur. Le Mondial 2026 ne sera pas seulement un tournoi sportif : il sera le grand marché où se redistribue une rente inégalée, tout en consolidant l’emprise d’un homme sur le football planétaire. La question, pour les observateurs, reste de savoir combien de temps une telle concentration des ressources pourra cohabiter avec les revendications croissantes d’autonomie des ligues et des clubs.
| Presse européenne continentale | −0.50 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | +0.70 | aligned |
| Presse iranienne et apparentée | −0.40 | critical |
La FIFA annonce des primes record et des milliards de recettes, mais beaucoup se demandent si l'argent profite vraiment au football. Inquiétudes quant à la transparence et à un éventuel enrichissement personnel. La révolution financière pourrait surtout servir les dirigeants.
La révolution financière de la FIFA promet des primes record et une Coupe du monde 2026 spectaculaire. Grande attente pour les retombées économiques pour la région hôte. Les flux d'argent annoncent un événement sans précédent.
La FIFA affiche des profits exorbitants alors que le football devient une affaire détachée des valeurs sportives. La commercialisation excessive de la Coupe du monde 2026 reflète une déviation du véritable esprit sportif. On critique un système qui privilégie le profit au détriment de la justice.
Élargis ton regard
Crise migratoire à Ceuta : l’Espagne installe une barrière flottante et l’UE se divise
9 langues · 80 sources
Depuis Economy & MarketsGIIAS 2026 : l’Indonésie affiche ses ambitions automobiles entre électrification et records
1 langue · 11 sources
Depuis TechnologyGIIAS 2026 : la citadine électrique Chery Q enregistre 6 000 commandes, bousculant le marché indonésien
1 langue · 15 sources