
Israël érige une barrière de terre de 23 kilomètres à l’intérieur de Gaza, scellant la partition de l’enclave
L’armée israélienne construit rapidement un rempart le long de la « ligne jaune » issue du cessez-le-feu d’octobre 2025, tandis que les frappes meurtrières se poursuivent malgré la trêve.
L’armée israélienne édifie en secret un vaste barrage de terre qui isole plus de la moitié de la bande de Gaza sous son contrôle du reste du territoire, selon des images satellite analysées par l’Associated Press. Plus de 23 kilomètres de cette barrière ont été érigés ces derniers mois, traversant des quartiers palestiniens rasés par l’armée, soit l’équivalent de plus de la moitié des 40 kilomètres de long de l’enclave. L’état-major israélien a confirmé à l’AP la construction d’« une barrière physique dans la zone de la ligne jaune », la ligne de démarcation sur laquelle les troupes s’étaient repliées en vertu de l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025 avec le Hamas. L’armée précise avoir aménagé une « zone de sécurité » dotée de moyens de renseignement et de technologies, destinée à « prévenir les infiltrations et protéger les troupes et les communautés israéliennes autour de Gaza ».
L’ouvrage progresse rapidement. Dans le sud, un tronçon est passé de 500 mètres le 1er juillet à environ 2,4 kilomètres le 15 juillet, séparant les ruines de Rafah du camp de déplacés de Muwasi. S’il se poursuit dans la même direction, il rejoindra la portion la plus longue, qui court sur près de 17 kilomètres de Khan Younès jusqu’aux abords de Gaza-ville, et dont la construction a débuté en février. Au nord, plusieurs segments non reliés longent la localité de Beit Lahia. Aucune information n’a été communiquée sur la hauteur de ces levées de terre. Selon les images satellite, les forces israéliennes ont rasé la quasi-totalité des bâtiments du côté oriental de la ligne, effaçant des villes entières et aménageant de nouvelles routes ainsi que des bases militaires sur les décombres.
Cette entreprise de partition territoriale s’accompagne d’une poursuite des opérations militaires israéliennes, en violation de la trêve, dénonce le Bureau des droits de l’homme de l’ONU. Son porte-parole, Thameen Al-Kheetan, a déclaré que les frappes se sont intensifiées ces derniers jours, tuant au moins 57 Palestiniens – dont six enfants et huit femmes – entre le 13 et le 20 juillet. Il a précisé que 34 victimes ont été tuées « loin de la ligne jaune imposée par Israël » et que des attaques ont visé des immeubles d’habitation, des tentes de déplacés et d’autres zones surpeuplées. Le ministère de la Santé de Gaza, dont les bilans sont jugés fiables par les Nations unies, fait état de 1 168 morts et 3 798 blessés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre 2025, et d’un total de 73 293 tués depuis le début de l’offensive israélienne le 7 octobre 2023.
L’accord de trêve, parrainé par les États-Unis, l’Égypte, le Qatar et la Turquie, prévoyait un retrait israélien progressif et le désarmement du Hamas. Mais sa mise en œuvre est au point mort : le mouvement palestinien a refusé de déposer les armes, et l’armée israélienne, qui contrôlait déjà 53 % du territoire au moment de la signature, semble consolider ses positions. Ni le Commandement central américain (Centcom), chargé de superviser le cessez-le-feu, ni le Conseil de paix voulu par le président Trump pour administrer Gaza n’ont commenté la construction de la barrière. Sur le terrain, la population palestinienne, cantonnée à l’ouest de la ligne jaune dans des camps de tentes insalubres, redoute que cette ligne temporaire ne devienne une frontière permanente.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse d'Asie du Sud-Est | −0.50 | critical |
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
Israel erects an earth wall over 23 km along the ceasefire line, effectively consolidating the partition of Gaza and strengthening the occupation. This barrier represents a further aggression against the Palestinian people, physically cutting the territory and preventing any prospect of unity. The international community must condemn this unilateral measure that violates international law.
Israel's construction of the earth wall is another wound for the Palestinians, as shown by the recent killing of a young Palestinian national team player by settlers. The wall separates communities and stifles any hope of normal life. It is a step toward permanent segregation that the world cannot ignore.
Israel completes construction of a 23-kilometer earth barrier along the ceasefire line, a military engineering measure that redefines the de facto borders of Gaza. The move is presented as necessary for security, but has significant implications for territorial division. The development is being closely watched by regional actors, including the election of the new Hamas leader.
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