
Thaïlande : le séjour sans visa réduit à trente jours pour contrer la criminalité étrangère
La Thaïlande réduit à 30 jours la durée du séjour sans visa pour 93 pays, en réponse à la recrudescence d’activités illicites imputées aux étrangers.
Bangkok s’apprête à diviser par deux la durée du séjour sans visa accordée aux touristes de 93 pays, la faisant passer de soixante à trente jours. Le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow a annoncé soumettre cette proposition au cabinet, sans préciser le calendrier d’entrée en vigueur. La mesure vise à « prévenir les activités criminelles », selon le chef de la diplomatie thaïlandaise, qui a également évoqué un réexamen d’autres catégories de visas – investissement, long séjour, étudiant et nomade numérique – afin de resserrer les contrôles sur les motifs réels de séjour.
Cette décision intervient après une série d’incidents ayant suscité l’indignation publique. En début de semaine, le vice-Premier ministre Anutin Charnvirakul s’est rendu à Phuket pour promettre une « tolérance zéro » envers les « voyous » étrangers qui accaparent les plages publiques pour y mener des affaires illégales et menacer les locaux. Quelques jours plus tôt, l’arrestation à Pattaya d’un ressortissant chinois en possession d’un arsenal d’armes a cristallisé les craintes quant à l’utilisation abusive des facilités de voyage. Les autorités thaïlandaises pointent une recrudescence d’étrangers qui détournent le régime d’exemption de visa pour exercer des activités commerciales prohibées ou se livrer à des trafics.
Du côté des pays européens, dont la France, la Belgique et le Canada – tous inclus dans la liste des 93 nations concernées –, la nouvelle est accueillie avec un mélange de compréhension et d’inquiétude. Les observateurs francophones soulignent que la Thaïlande tente d’équilibrer sa dépendance au tourisme de masse, qui représente environ 12 % de son PIB, avec la nécessité de préserver l’ordre public. Des capitales africaines francophones, où nombre de voyageurs d’affaires utilisaient le séjour prolongé pour explorer des opportunités économiques, s’interrogent sur les conséquences pour les circulations régionales. Bruxelles et Ottawa devraient suivre de près l’évolution des critères d’investissement, qui pourraient affecter les expatriés et les entrepreneurs.
En resserrant sa politique d’accueil, Bangkok s’aligne sur une tendance mondiale de durcissement des conditions d’entrée post-pandémie, tout en espérant ne pas compromettre la reprise touristique. La réduction à trente jours – jugée suffisante pour un voyage typique – pourrait toutefois dissuader les séjours prolongés privilégiés par les télétravailleurs et les retraités. L’enjeu, pour la Thaïlande, sera de démontrer que ce tour de vis ne dessert pas son attractivité, alors que des concurrents régionaux comme le Vietnam ou la Malaisie misent sur des politiques plus libérales. L’équilibre entre sécurité et ouverture reste à trouver, dans un pays où le tourisme demeure un pilier économique fragile.
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse chinoise | −0.20 | neutral |
| Presse russe et CEI | −0.10 | neutral |
| Presse européenne continentale | −0.30 | critical |
La presse du Golfe rapporte la décision thaïlandaise comme une mesure technique et administrative, se concentrant sur les déclarations du ministre des Affaires étrangères concernant la prévention de la criminalité. Le ton est neutre et descriptif, sans emphase émotionnelle ni jugement moral. L'article souligne que la réduction de 60 à 30 jours concerne 93 pays et est présentée comme un ajustement réglementaire normal.
La presse chinoise présente la décision comme une réaction à une série de crimes contre des touristes qui ont suscité la colère du public, soulignant la pression sociale. Tout en rapportant les mesures proposées (réduction à 30 jours et révision des visas pour investisseurs, nomades numériques, etc.), elle maintient un ton mesuré, avec des allusions à la nécessité d'un contrôle plus strict. L'article cite la visite du vice-Premier ministre Anutin à Phuket et sa promesse de tolérance zéro, suggérant une approche prudente mais non alarmiste.
La presse russe rapporte l'information de manière factuelle, citant le ministre thaïlandais des Affaires étrangères et la proposition de réduire de moitié la période sans visa. Il est souligné que le ministre ne s'attend pas à une opposition des autres ministères et qu'une réduction des catégories de visas est également en discussion. Le ton est neutre et descriptif, sans insistance particulière sur les implications pour les touristes russes, mais avec une mention qu'aucune nationalité ne sera discriminée.
La presse européenne continentale rapporte la décision avec un ton légèrement critique, citant le ministre qui admet que 60 jours sont 'peut-être trop longs' et que certaines personnes abusent du visa à des fins illégales. Il est souligné que la proposition avait déjà été préparée par l'administration précédente et reportée en raison des élections, suggérant un certain scepticisme quant au calendrier. L'article se concentre sur la nécessité d'un contrôle plus strict, avec un horizon incluant les consultations avec les autorités responsables.
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