
L’Italie menace de suspendre l’espace Schengen avec l’Espagne après l’afflux de migrants à Ceuta
Rome évoque des « mesures extraordinaires » face à une immigration « hors de contrôle », tandis que Madrid dénonce une « démagogie partisane » et convoque l’ambassadeur italien.
Le gouvernement italien a annoncé, jeudi, envisager la suspension de l’accord de Schengen avec l’Espagne en réaction à l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta. La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, a déclaré sur le réseau social X que les images en provenance de Ceuta étaient « impressionnantes » et démontraient que « l’immigration clandestine incontrôlée représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes ». Après s’être entretenue avec le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi, elle a affirmé que l’Italie était « prête à intervenir, y compris avec des instruments extraordinaires pour défendre les frontières et la sécurité des citoyens, comme la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ».
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a précisé cette position en se disant « favorable à la fermeture de l’espace Schengen avec l’Espagne », estimant que « l’immigration irrégulière et incontrôlée représente un danger pour la sécurité nationale ». Il a directement lié la crise à la décision du gouvernement espagnol de régulariser jusqu’à 500 000 immigrés en situation irrégulière, une mesure qu’il a qualifiée de « profondément erronée » et qui, selon lui, « encourage la traite des êtres humains ». Plusieurs médias ont toutefois relevé que le processus de régularisation engagé par Madrid prévoit des permis de séjour et de travail, et non l’octroi de la nationalité espagnole, contrairement à ce qu’a laissé entendre le chef de la diplomatie italienne.
La réaction espagnole a été immédiate. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a convoqué l’ambassadeur d’Italie à Madrid et dénoncé un message « indigne d’un pays partenaire et ami duquel nous attendons de la solidarité européenne et non de la démagogie partisane ». Il a rappelé que les événements de Ceuta étaient liés à une décision de justice, et non aux politiques de régularisation. La crise migratoire a en effet été déclenchée après que la Cour suprême espagnole a interdit les « expulsions express » de migrants interceptés en mer alors qu’ils tentaient de gagner les enclaves de Ceuta et Melilla. Selon la télévision publique espagnole TVE, entre 2 000 et 3 000 personnes ont traversé la frontière depuis le Maroc, certaines à la nage, d’autres en forçant des clôtures, poussant les autorités locales à solliciter l’appui de l’armée.
La suspension du traité de Schengen, mécanisme exceptionnel prévu par le droit communautaire, entraînerait le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières entre l’Italie et l’Espagne. Aucune réaction officielle des autres grands pays de l’Union européenne ni de la Commission européenne n’avait été rapportée dans l’immédiat. Le vice-président du gouvernement italien Matteo Salvini a également appuyé la mesure, tandis que le ministre espagnol des Affaires étrangères a indiqué que la convocation de l’ambassadeur italien aurait lieu ce vendredi.
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | −0.10 | neutral |
| Presse européenne continentale | +0.40 | aligned |
L'Italie provoque une crise diplomatique inutile en mettant en danger l'unité européenne.
L'utilisation du terme 'crise diplomatique' pour délégitimer la démarche italienne.
La régularisation de 500 000 migrants par l'Espagne n'est pas mentionnée.
L'UE montre ses fissures internes, incapable de gérer la migration.
Le différend est présenté comme une preuve de la faiblesse de l'UE.
L'aspect humanitaire de la crise migratoire est omis.
L'Italie défend les frontières européennes contre l'invasion migratoire.
L'utilisation du terme 'assaut' pour créer un sentiment d'urgence et justifier une action unilatérale.
La convocation de l'ambassadeur italien par l'Espagne n'est pas mentionnée.
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