
Beyrouth sous les bombes : Netanyahu défie la trêve en éliminant un chef du Hezbollah
Une frappe israélienne inédite depuis le cessez-le-feu vise la banlieue sud de Beyrouth, tuant un haut responsable de la force Radwan, tandis que Netanyahu proclame l'absence d'immunité.
L'aviation israélienne a frappé mercredi soir la banlieue sud de Beyrouth, portant un coup sévère au fragile cessez-le-feu d'avril. Le premier ministre Benjamin Netanyahu a revendiqué l'élimination d'Ahmed Ghaleb Balout, commandant de l'unité d'élite Radwan du Hezbollah, affirmant qu'aucun « terroriste » ne bénéficierait d'immunité dans la capitale libanaise. Cette première incursion aérienne dans Beyrouth depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 16 avril constitue une escalade majeure, brisant une ligne rouge que Washington avait imposée à Israël.
Le Hezbollah n'a ni confirmé ni infirmé la mort de Balout, tandis que le bilan des frappes simultanées dans le sud et l'est du Liban s'élève à au moins onze morts. L'armée israélienne affirme avoir également neutralisé d'autres figures clés, dont un responsable du renseignement et un officier de la défense antiaérienne du parti chiite. Depuis un mois, selon M. Netanyahu, Tsahal a éliminé plus de deux cents combattants du Hezbollah, malgré l'accord de cessez-le-feu censé mettre fin aux hostilités.
Pour les observateurs de la région, cet assaut ravive les craintes d'un retour à une guerre ouverte. À Téhéran, la prudence domine : l'Iran, principal soutien du Hezbollah, évite pour l'instant toute escalade directe, mais l'atteinte à la « zone de sécurité » de son allié libanais est interprétée comme un défi. Du côté israélien, l'état-major justifie l'opération par la nécessité de démanteler les capacités offensives de la force Radwan, accusée de planifier une invasion de la Galilée.
En Europe, la France a exprimé sa « vive préoccupation », rappelant l'importance de préserver la souveraineté libanaise. Bruxelles, de son côté, appelle au respect immédiat du cessez-le-feu, tandis que les chancelleries canadienne et belge ont condamné toute violation qui compromet la stabilité régionale. Au sein des opinions publiques africaines francophones, cette frappe ranime le débat sur la fragilité des accords de paix négociés sous l'égide américaine.
L'attaque de Beyrouth intervient à la veille d'une nouvelle série de négociations prévues mi-mai aux États-Unis, visant à consolider la trêve. Ce geste militaire israélien, en pleine phase de pourparlers, pourrait soit renforcer la position de négociation de Netanyahu, soit au contraire briser la confiance et pousser le Hezbollah à une riposte calibrée pour éviter une guerre totale tout en sauvegardant sa crédibilité. L'équilibre régional demeure plus que jamais suspendu à un fil.
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