
La normalisation maroco-syrienne et le renouveau diplomatique de Damas : les nouveaux visages d’une Syrie en reconstruction
Rabat et Damas rétablissent leurs relations diplomatiques après une décennie de rupture, tandis que Damas réorganise sa diplomatie et sa banque centrale.
La visite du ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chibani, à Rabat, jeudi 14 mai, a marqué un tournant historique dans les relations bilatérales. Son homologue marocain, Nasser Bourita, a annoncé la réouverture de l’ambassade syrienne au Maroc et la normalisation complète des liens, rompus depuis plus de dix ans sous le régime de Bachar al-Assad. Bourita a salué les « mesures juridiques, politiques et sécuritaires » prises par le nouveau président Ahmad al-Charaa, tout en rappelant la constance du Maroc dans son soutien à la souveraineté et à l’unité syriennes, selon les termes rapportés par la presse marocaine et panarabe.
Ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large de Damas pour renouer avec la communauté internationale. Dans la foulée, la Syrie a nommé l’ancien gouverneur de la banque centrale, Abdelkader al-Hasriya, comme ambassadeur au Canada, une décision présentée par le ministère des Affaires étrangères comme un vecteur de renforcement des relations bilatérales et de coopération diplomatique. Ce geste, rapporté par l’agence officielle Sana et repris par la presse libanaise, vise à rétablir des ponts avec un pays occidental qui avait fermé sa représentation diplomatique en 2012.
Parallèlement, la Syrie change de pilier économique : Safwat Raslan, banquier d’origine alépine réfugié en Allemagne et naturalisé allemand, a été nommé gouverneur de la banque centrale en remplacement d’al-Hasriya. Selon des sources du secteur bancaire citées par des médias régionaux et internationaux, Raslan, dirigeant du Fonds de développement syrien, est appelé à reconnecter le système financier syrien avec les circuits mondiaux, alors que la levée de la plupart des sanctions occidentales n’a pas suffi à sortir les banques de leur isolement.
Cette double manœuvre – diplomatique et monétaire – révèle la stratégie de Damas pour consolider sa légitimité internationale tout en attirant les investissements nécessaires à la reconstruction. Du Maghreb au Levant, les capitales arabes observent avec attention, mais les chancelleries occidentales, notamment à Bruxelles et à Ottawa, demeurent prudentes. La nomination d’un ancien réfugié allemand à la tête de la banque centrale pourrait toutefois faciliter un dialogue pragmatique, si les réformes institutionnelles suivent. La Syrie, après quatorze ans de guerre, cherche à écrire une nouvelle page – mais la confiance se gagne à pas comptés.
| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.10 | neutral |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
La nomination de Safwat Raslan au poste de gouverneur de la banque centrale syrienne est présentée comme un changement administratif de routine. L'ancien gouverneur, Abdul Qader Husriyeh, a été nommé ambassadeur au Canada, en reconnaissance de ses services. Aucune mention n'est faite du lien avec l'Allemagne ou du contexte de réouverture internationale.
Selon des sources du secteur bancaire, la Syrie prévoit de remplacer le gouverneur de la banque centrale par Safwat Raslan, un ancien réfugié qui a fui en Allemagne pendant la guerre. Cette décision est présentée comme faisant partie de la tentative du gouvernement post-Assad de se reconnecter à la finance mondiale après des années de sanctions. L'accent est mis sur la citoyenneté allemande de Raslan, considérée comme un pont vers l'Occident.
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