
La revanche des frères Wayans : comment ils ont repris le contrôle de « Scary Movie »
Vingt-cinq ans après avoir été évincés par Harvey Weinstein, les créateurs de la parodie horrifique renouent avec le succès grâce à un sixième opus qui bat des records.
Le sixième volet de la saga parodique « Scary Movie » réalise un démarrage fracassant, surpassant tous les épisodes précédents au box-office. Ce succès a une saveur particulière pour Marlon et Shawn Wayans, les créateurs originaux de la franchise, qui reviennent aux commandes après une longue traversée du désert. En 2000, leur comédie horrifique, inspirée des « Scream » et « Souviens-toi... l’été dernier », avait pulvérisé les attentes, rapportant plus de 278 millions de dollars à travers le monde. Pourtant, derrière ce triomphe se cachait une lutte de pouvoir avec l’un des hommes les plus influents d’Hollywood : Harvey Weinstein.
Selon les confidences des Wayans au quotidien allemand Bild, le producteur déchu les aurait « roulés », les écartant progressivement de leur propre création. Malgré la dimension lucrative de la série, les frères n’ont jamais porté plainte, préférant se concentrer sur d’autres projets. Cet épisode illustre l’emprise tentaculaire qu’exerçait Weinstein sur l’industrie cinématographique bien avant que ses crimes sexuels ne soient révélés. En France, l’affaire Weinstein a eu un écho retentissant, catalysant le mouvement #BalanceTonPorc et poussant à une remise en question des abus de pouvoir dans le septième art. La manière dont les Wayans se sont fait spolier fait écho aux témoignages de nombreuses victimes, souvent réduites au silence par crainte de représailles.
Aujourd’hui, le vent a tourné. Après la faillite de Miramax et la chute de Weinstein, les droits de « Scary Movie » ont changé de mains, et les Wayans ont pu négocier leur retour. Pour Marlon Wayans, ce sixième opus représente bien plus qu’un simple retour aux affaires : c’est une revanche personnelle, la possibilité de renouer avec un public qui a grandi avec leurs personnages déjantés. Au-delà des chiffres, la fratrie savoure la liberté créative retrouvée et la reconnaissance de son apport fondateur à cette satire devenue culte des deux côtés de l’Atlantique.
Ce come-back s’inscrit dans une vague de nostalgie hollywoodienne, mais il revêt aussi une dimension symbolique. Il intervient alors que les débats sur la sous-représentation des créateurs afro-américains et la persistance des injustices dans le milieu restent vifs. Les Wayans, qui évoquent également un possible « White Chicks 2 », pourraient bien inspirer d’autres artistes à reprendre le contrôle de leur héritage. À l’heure où les studios multiplient les suites et les reboots, ce retour en grâce rappelle que les histoires les plus improbables se trouvent parfois dans les coulisses.
| Presse européenne continentale | +0.70 | aligned |
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| Presse atlantique / anglosphère | +0.30 | aligned |
The Wayans brothers have finally reclaimed the rights to their brainchild, the 'Scary Movie' franchise, after a long battle with Harvey Weinstein. Revenge is sweet: the disgraced mogul has been outmaneuvered in a deal as clever as it is ironic. The next chapter promises to revive the irreverent parody that left its mark on comedy cinema.
In a rapidly shifting industry, the Wayans brothers have successfully repurchased the rights to the 'Scary Movie' franchise, marking a significant business win. The deal, valued in the millions, reflects changing power dynamics in the post-#MeToo entertainment landscape. The strategic move allows the original creators to regain creative control over their intellectual property, with plans already underway for new installments.
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