
« Le Diable s’habille en Prada 2 » : une suite qui miroite les angoisses médiatiques et les espoirs du box-office
Le retour d’Andy Sachs et de Miranda Priestly sur les écrans provoque un raz-de-marée annoncé. Avec des prévisions oscillant entre 75 et 100 millions de dollars pour son premier week-end, « Le Diable s’habille en Prada 2 » s’apprête à pulvériser les scores de l’original, qui n’avait engrangé que 27,5 millions à son lancement en 2006. Ce succès commercial, porté par la nostalgie et la puissance des deux Oscar-winning actrices, ne doit pourtant pas occulter le propos central du film : la crise de la presse écrite et la fragilité des journalistes face aux actionnaires. Dès la première scène choc, Andy, devenue reporter d’investigation, apprend par SMS la fermeture de son journal, licenciement collectif dû à une dépréciation de 500 millions de dollars. Une séquence si réaliste qu’elle en devient un cri d’alarme pour toute une profession, comme le souligne la critique américaine, qui voit dans ce récit une lucidité rare sur la financiarisation des médias.
Cette radiographie de l’industrie médiatique trouve un écho particulier en Europe, où la fragilité des titres de presse s’accentue, et dans l’espace francophone – du Canada à la Belgique – où les faillites de quotidiens se multiplient. Mais le film ne se contente pas de dépeindre un monde en faillite : il explore aussi les trajectoires individuelles, à l’image de celle de Kate Reardon, ancienne assistante chez American Vogue, qui confie avoir vécu un parcours quasi identique à celui d’Andy, passant de la « plump, badly-dressed one » à une femme d’influence. Une métamorphose que le cinéma a su capter. En Inde, le cinéaste Karan Johar a salué cette suite comme « parlant de notre époque », ajoutant que la nostalgie y est « puissante » et « maintient le présent dans l’espoir ».
Au-delà des caméos clinquants – célébrités du sport, de la musique et de la mode –, le vrai luxe de ce deuxième opus est peut-être son regard acéré sur la transformation personnelle et professionnelle dans un secteur en pleine mutation. Si certains critiques jugent le film « chic mais fade », la vague d’enthousiasme populaire et les recettes prévues suggèrent que le public est prêt à embrasser une comédie dramatique qui n’hésite pas à mordre la main qui la nourrit. Reste à savoir si cette suite saura, comme Miranda Priestly, imposer sa loi durablement dans l’histoire du cinéma grand public – ou si elle ne sera qu’un feu de paille dans un paysage médiatique déjà saturé.
Élargis ton regard
Trump suspend une attaque planifiée contre l’Iran, conditionnant la paix à un accord rapide sur le détroit d’Ormuz et le nucléaire
7 langues · 74 sources
Depuis Economy & MarketsMexique : le PIB bondit de 1,5 % au deuxième trimestre, son meilleur élan depuis 2020
1 langue · 18 sources
Depuis TechnologyGIIAS 2026 : la citadine électrique Chery Q enregistre 6 000 commandes, bousculant le marché indonésien
1 langue · 15 sources