
Le meurtre de María Camila Potosí, enceinte, suscite l’indignation et des promesses de protection en Colombie
Le corps de la jeune femme de 21 ans a été retrouvé ligoté près de Cali, son bébé reste introuvable ; le président élu promet une politique de protection et la Défenseure du peuple exige des enquêtes rapides.
Le 20 juillet, le corps de María Camila Potosí, une jeune femme de 21 ans enceinte de huit mois, a été découvert enveloppé dans un drap, les mains et les pieds liés, sur la route menant au corregimiento de La Buitrera, près de Cali. Elle avait disparu quatre jours plus tôt après être montée sur une motocyclette conduite par une autre femme. Selon les proches, le bébé qu’elle attendait ne se trouvait plus dans son ventre au moment de la découverte, une information qui reste à confirmer par les autorités médico-légales.
Le président élu Abelardo de la Espriella a qualifié ce crime d’« aberrant » et annoncé que la protection des femmes serait un axe central de son gouvernement à partir du 7 août. « La consigne et la politique publique seront de protéger nos femmes et de soumettre quiconque osera leur faire du mal », a-t-il déclaré, tout en appelant à l’identification et à la capture des responsables. De son côté, la Defensoría del Pueblo a exigé de la Fiscalía des investigations « promptes, exhaustives et impartiales », rappelant que le féminicide constitue la manifestation la plus extrême des violences de genre et qu’il est souvent précédé de signaux d’alerte.
L’enquête s’oriente vers plusieurs suspects. Le brigadier général Herbert Benavidez, commandant de la police métropolitaine de Cali, a indiqué que plus de quatre personnes pourraient être impliquées, une femme étant considérée comme la principale suspecte. L’ex-compagnon de cette dernière a affirmé qu’elle aurait simulé deux grossesses durant leur relation, un élément qui coïncide avec l’une des hypothèses des enquêteurs. La récompense pour toute information a été portée à 200 millions de pesos, mais aucune arrestation n’a encore eu lieu.
Ce drame s’inscrit dans une série de violences extrêmes contre les femmes signalées par la Defensoría, qui a également cité les meurtres récents de María Alejandra Castaño, Herianny Montilla et Yasleidis Martínez. L’institution a appelé à ne pas réduire ces faits à des conflits isolés et à renforcer les mécanismes de recherche immédiate des femmes disparues. La famille de María Camila Potosí, qui réclame que la lumière soit faite sur le sort du bébé, continue d’appeler à la collaboration citoyenne pour retrouver l’enfant.
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