
Le Qatar nie toute coordination secrète avec l’Iran sur le gaz, un rapport du Washington Post relance les soupçons
Doha dément avoir cherché à protéger son complexe gazier de Ras Laffan par un accord tacite avec Téhéran, tandis que des sources occidentales et moyen-orientales détaillent des tractations visant à faire pression sur Washington.
Les autorités qataries ont fermement rejeté, ce week-end, les informations du Washington Post faisant état de négociations secrètes avec l’Iran au sujet de la production gazière. Dans une déclaration cinglante, le bureau des médias internationaux du Qatar a qualifié ces allégations de « totalement fausses et sans fondement », rappelant que Doha faisait face, au même moment, à des tirs de missiles iraniens sur son territoire. Cette dénégation intervient alors que le quotidien américain, citant des responsables de la sécurité au Moyen-Orient et des sources occidentales, décrit un arrangement inédit : le Qatar aurait proposé à Téhéran d’arrêter unilatéralement la production du complexe de Ras Laffan – qui fournit près d’un cinquième du gaz mondial – afin de provoquer une flambée des prix et d’exercer une pression économique sur les États-Unis et Israël pour abréger le conflit régional.
Selon les sources citées par le Washington Post, l’émirat aurait cherché, dès les premiers jours de la guerre, à obtenir une garantie iranienne contre d’éventuelles frappes sur cette infrastructure vitale. En échange d’une « compréhension tacite », dont Téhéran n’aurait toutefois jamais donné d’engagement explicite, le Qatar aurait mis en œuvre cet arrêt de production. Mais le 18 mars, l’Iran a frappé Ras Laffan, détruisant partiellement ce joyau industriel, après une attaque israélienne contre le champ gazier de South Pars. Cet enchaînement, vu de Washington et de plusieurs capitales occidentales, illustre les risques pris par les monarchies du Golfe pour rester à l’écart d’un embrasement majeur, tout en jouant un jeu trouble de médiation et de préservation de leurs intérêts.
Les observateurs européens, notamment à Paris et à Bruxelles, s’inquiètent des répercussions d’une telle instrumentalisation des marchés énergétiques. La dépendance du Vieux Continent au gaz naturel liquéfié qatari, renforcée depuis la rupture avec la Russie, rend toute perturbation – réelle ou supposée – extrêmement sensible. De fait, le rapport du Washington Post relance le débat sur la fiabilité du Qatar comme fournisseur stratégique. Dans les chancelleries africaines et canadiennes également, on suit de près une affaire qui pourrait fragiliser la confiance dans les mécanismes de stabilisation des prix de l’énergie.
Au-delà de la polémique, cet épisode met en lumière l’ambiguïté persistante de la diplomatie qatarie, à la fois médiateur central entre l’Iran et l’Occident, et acteur économique vulnérable. Si Doha rejette toute collusion avec Téhéran, les révélations du Post suggèrent une politique de survie qui brouille les cartes. Reste à savoir si cette séquence entamera durablement la position du Qatar dans les négociations en cours, notamment le rapprochement évoqué par Forbes entre Donald Trump et un accord de type JCPOA avec l’Iran, ou si elle ne fera que confirmer la realpolitik pratiquée de longue date par les émirats du Golfe.
| Presse iranienne et apparentée | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse israélienne | −0.80 | critical |
Le Qatar a fermement démenti les allégations du Washington Post, déclarant qu'aucune décision opérationnelle concernant la production d'énergie n'a jamais été coordonnée avec l'Iran ni prise pour servir les intérêts iraniens. Le gouvernement qatari a qualifié ce rapport de totalement faux et sans aucun fondement.
Des rapports indiquent que le Qatar a négocié secrètement avec l'Iran pendant la guerre pour protéger ses principales installations de gaz naturel contre des attaques, proposant alléguément d'arrêter la production pour provoquer une flambée des prix et faire pression sur les États-Unis et Israël afin de mettre fin rapidement au conflit. Selon des sources de sécurité, le Qatar a fait savoir à Téhéran qu'il pourrait atteindre ses objectifs sans cibler les infrastructures qataries, bien qu'aucune garantie explicite n'ait été reçue.
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