
Les États-Unis frappent un réseau nigérian de financement de l’EI, sur fond de controverse autour de l’USAID
Le Trésor américain a désigné un Nigérian et trois bureaux de change comme facilitateurs de l’État islamique, tandis que la fermeture de l’agence d’aide USAID continue d’opposer Elon Musk au Congrès et à Mexico.
Le 1er juillet 2025, le département du Trésor des États-Unis a inscrit sur sa liste de sanctions trois individus et six entités accusés de faciliter les flux financiers de l’organisation État islamique (EI) à travers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest. Parmi eux figure un Nigérian de 35 ans, Mukhtar Adamu Muhammad, résidant à Agege, dans l’État de Lagos, et trois bureaux de change qu’il contrôle : Generation Currency Bureau De Change Limited, Nine to Nine Exchange Bureau De Change Limited (Lagos) et Manhattan Bureau De Change Limited (Kano). Selon l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), ce réseau servait de conduit pour le financement de la branche ouest-africaine de l’EI. Les sanctions, prises en vertu du décret exécutif 13224, gèlent les avoirs aux États-Unis et interdisent toute transaction avec des personnes américaines.
Washington justifie cette action par la volonté de « couper les lignes de vie financières » qui permettent à l’EI de financer des attentats, de soutenir ses affiliés régionaux et de menacer les civils, y compris les minorités religieuses, a déclaré le porte-parole du département d’État, Thomas Pigott. Les autorités américaines soulignent également la coopération avec Abuja, en rappelant l’opération conjointe du 16 mai 2026 qui a conduit à la mort d’Abu-Bilal al-Minuki, numéro deux de l’EI et chef de son administration générale des provinces, chargée de fournir des orientations opérationnelles et des ressources aux branches régionales. Cette coopération s’inscrit dans un contexte tendu : quelques mois plus tôt, le président Trump avait désigné le Nigeria comme « pays particulièrement préoccupant » en raison de persécutions contre les chrétiens, une décision qui avait irrité une partie de l’opinion nigériane.
Ces désignations interviennent alors que le débat sur l’aide étrangère américaine s’envenime. La fermeture de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), orchestrée par le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) dirigé par Elon Musk, a suscité de vives critiques. Le représentant démocrate Ro Khanna, s’appuyant sur une étude publiée dans The Lancet, a accusé ces coupes d’avoir « possiblement condamné à mort 4,5 millions d’enfants » dans le monde. Musk a répliqué en menaçant de poursuites et en pointant un cas de détournement de 9 millions de dollars d’aide humanitaire par un Syrien au profit d’un groupe lié à Al-Qaïda, révélé en 2024 par l’USAID elle-même. Il a aussi relayé un message soulignant que la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait célébré la fermeture de l’agence, qu’elle qualifiait d’« outil de la CIA » et de l’« impérialisme américain », après avoir dénoncé son financement d’organisations d’opposition au Mexique. Cette polarisation illustre la fracture entre les critiques de l’aide américaine, qui y voient un vecteur d’ingérence, et ceux qui alertent sur ses conséquences humanitaires.
Pour l’Afrique de l’Ouest, le ciblage d’un réseau de bureaux de change à Lagos et Kano met en lumière la dépendance de l’EI vis-à-vis des systèmes informels de transfert de fonds, tels que les hawala, pour alimenter ses activités dans la région du lac Tchad. Les sanctions pourraient perturber ces canaux, mais leur efficacité dépendra de la coopération des autorités nigérianes et de la capacité à contourner les circuits traditionnels. Le Trésor américain prévient que les institutions financières étrangères qui faciliteraient des transactions pour les entités désignées s’exposent à des sanctions secondaires et à un accès restreint au système financier américain. Sur le front politique, le débat entre Musk et Khanna devrait se poursuivre, le congressiste ayant défié le milliardaire à un débat public. Le dossier des sanctions, lui, est clos sur le plan administratif, les noms étant désormais inscrits sur la liste SDN, mais les ramifications judiciaires et diplomatiques restent ouvertes.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | 0.00 | neutral |
| Presse latino-américaine | −0.10 | neutral |
The US strikes at ISIS, but this is only one piece of the larger game with Iran: without a comprehensive deal, terrorism will continue to find safe havens.
The news is grafted onto a pre-existing narrative of confrontation with Iran, creating a continuity between terrorist threats and rogue states.
No mention of possible Western allies' involvement in the network, nor the ongoing context of de-escalation with Iran.
Counter-terrorism is a US task, but for Africa the priority remains economic development and internal stability.
The news is de-emphasized by placing it in a hierarchy where local threats (poverty, ethnic conflicts) are more urgent.
No discussion of Nigeria's role as a base for ISIS financing, nor possible local complicity.
Latin America has its own priorities: international terrorism is not among them.
The absence of coverage serves as an implicit statement of non-involvement, reducing the story's relevance.
No mention of existing financing networks in Latin American countries.
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