
Liban : avis de recherche contre le banquier Antoun Sehnaoui après un dîner avec Netanyahou
Les autorités judiciaires libanaises ont engagé des poursuites contre l'homme d'affaires, accusé d'avoir enfreint la loi de boycottage d'Israël en participant à un repas en présence du premier ministre israélien à Washington.
Le juge de la Cour de cassation libanaise, Ahmad Rami al-Hajj, a émis le 30 juillet un avis de recherche de trente jours à l'encontre du banquier Antoun Sehnaoui. Selon des sources judiciaires citées par l'Agence nationale de l'information, cette décision fait suite à l'accusation de « collaboration avec l'ennemi israélien » et de violation de la loi de boycottage d'Israël, en vigueur depuis 1955.
L'affaire trouve son origine dans un dîner organisé le lundi 27 juillet à Washington par M. Sehnaoui et l'ancienne envoyée spéciale américaine Morgan Ortagus, à la mémoire du sénateur Lindsey Graham, décédé le 11 juillet. Une photographie diffusée par le journaliste d'Axios Barak Ravid sur le réseau X montre le banquier assis à la même table que le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, son épouse Sara et plusieurs responsables américains. Les services techniques libanais ont par la suite authentifié le cliché.
Vingt avocats libanais ont déposé une plainte collective auprès du parquet général, dénonçant des « crimes de contact et de traitement avec l'ennemi israélien ». La législation libanaise, et notamment la loi de boycottage de 1955, interdit toute relation directe ou indirecte avec des citoyens ou entités israéliens, sous peine de prison allant de trois mois à trois ans, assortie de travaux forcés jusqu'à dix ans. La juridiction militaire est compétente pour juger ces infractions, et le code pénal prévoit la peine de mort pour toute intelligence avec l'ennemi.
Cette procédure judiciaire intervient alors que le Liban et Israël, techniquement en état de guerre depuis 1948, ont entamé en avril des pourparlers directs sous médiation américaine. Antoun Sehnaoui, qui réside habituellement aux États-Unis, est un homme d'affaires influent, président du conseil d'administration de la banque SGBL et connu pour ses positions favorables à la normalisation avec l'État hébreu. Il avait déjà été présenté en avril par Morgan Ortagus comme un « sioniste chrétien libanais » lors d'une cérémonie au Musée de l'Holocauste à Washington, où elle avait souligné que ses activités contrevenaient aux lois libanaises.
À l'issue du délai de trente jours, le dossier sera transmis au tribunal militaire, qui pourra alors émettre un mandat d'arrêt contre M. Sehnaoui. Le parquet doit encore se prononcer sur l'opportunité de renvoyer l'affaire devant cette juridiction. Les avocats plaignants, dont certains ont rappelé la poursuite des opérations militaires israéliennes au Liban, exigent une « enquête judiciaire sérieuse et transparente, à l'abri de toute immunité politique ou financière ».
| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse israélienne | −0.30 | critical |
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
Lebanon exercises its sovereignty through law, targeting those who establish contact with the Israeli enemy. The judiciary acts in defense of the nation.
It turns a dinner into a criminal offense, naturalizing Lebanese law as a barrier against normalization with Israel.
It does not mention that the banker might have dual citizenship or that the dinner had an informal diplomatic character.
The protesters accuse Netanyahu of genocide and demand the US execute the ICC warrant. The Lebanese banker's arrest is a diversion; the real crime is the war in Gaza.
It shifts attention from the Lebanese banker to accusations against Netanyahu, using a protest to relaunch the narrative of 'international justice' against Israel.
No mention of the Lebanese warrant or the legal justifications of the Beirut government.
Lebanon has its laws and applies them, while talks with Israel continue under US mediation. The case highlights the region's complexity.
It contextualizes the arrest within bilateral relations, avoiding taking sides, presenting the facts as part of a larger geopolitical picture.
The pro-Palestinian protest in Washington, central to Israeli coverage, is not mentioned.
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