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dimanche 10 mai 2026

Lula et Sheinbaum opposent une fin de non-recevoir à Trump sur la question de la souveraineté

Brasil e México reafirmam soberania ante pressões dos EUA sobre minerais críticos e crime organizado, após reuniões de Lula e Sheinbaum com Trump.

La rencontre entre Luiz Inácio Lula da Silva et Donald Trump, jeudi à Washington, devait sceller un rapprochement pragmatique entre deux géants américains. Elle a plutôt mis en lumière une ligne rouge que ni Brasília ni Mexico ne sont prêts à franchir : celle de la souveraineté nationale. Alors que l’administration Trump affichait un intérêt prononcé pour les minerais critiques brésiliens et une volonté d’intervention directe contre les cartels mexicains, les deux leaders latino-américains ont, chacun sur leur scène politique, opposé une fin de non-recevoir catégorique.

Au Brésil, Lula a insisté samedi sur les réseaux sociaux pour dire que son pays « ne renoncera pas à sa souveraineté » dans les négociations en cours – qu’il s’agisse des accords tarifaires, de la coopération sécuritaire ou de l’exploitation des ressources stratégiques. Le président brésilien s’est dit « très satisfait » de l’entretien, mais les termes qu’il a employés trahissent une vigilance constante : le dialogue, oui, mais sans céder sur les prérogatives nationales. Cette posture rappelle celle adoptée par Claudia Sheinbaum quelques jours plus tôt, lorsque, depuis Sonora, elle avait déclaré que le Mexique devait entretenir de bonnes relations avec les États-Unis, tout en martelant que « la souveraineté ne se négocie pas ». Une mise au point intervenue après que Trump eut qualifié les cartels de « gouvernement du Mexique » et menacé d’intervenir militairement si Mexico ne faisait pas le nécessaire.

Cette double résistance trouve un écho particulier dans les capitales francophones d’Afrique et d’Europe. De Dakar à Bruxelles, on observe avec attention la capacité de Brasília et de Mexico à préserver leur marge de manœuvre face à une puissance hégémonique qui, sous Trump, n’hésite pas à mêler commerce, sécurité et ressources naturelles. Pour le Canada et la Belgique, partenaires historiques du Mercosur et de la CELAC, l’enjeu est aussi celui d’un multilatéralisme en crise : si les plus grands d’Amérique latine cèdent, que restera-t-il des équilibres sud-nord ?

Dans ce contexte, Lula n’a pas seulement défendu une ligne souverainiste. Il a aussi proposé à Trump d’adhérer à des initiatives régionales comme la Police de l’Amazonie et le Consensus de Brasília – une manière de renverser la logique unilatérale en imposant un cadre multilatéral de coopération. La proposition brésilienne vise à faire des États-Unis un partenaire parmi d’autres dans la lutte contre le crime organisé transnational, et non un gendarme imposant ses conditions. Reste à savoir si Washington, qui voit dans les minerais critiques un levier stratégique essentiel face à la Chine, acceptera de jouer selon des règles qu’il n’a pas lui-même dictées. Les prochains rounds de négociation, notamment sur les tarifs douaniers et l’exploitation des terres rares, diront si la défense de la souveraineté latino-américaine est un principe ou un vœu pieux.

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Lula et Sheinbaum opposent une fin de non-recevoir à Trump sur la question de la souveraineté

Brasil e México reafirmam soberania ante pressões dos EUA sobre minerais críticos e crime organizado, após reuniões de Lula e Sheinbaum com Trump.

La rencontre entre Luiz Inácio Lula da Silva et Donald Trump, jeudi à Washington, devait sceller un rapprochement pragmatique entre deux géants américains. Elle a plutôt mis en lumière une ligne rouge que ni Brasília ni Mexico ne sont prêts à franchir : celle de la souveraineté nationale. Alors que l’administration Trump affichait un intérêt prononcé pour les minerais critiques brésiliens et une volonté d’intervention directe contre les cartels mexicains, les deux leaders latino-américains ont, chacun sur leur scène politique, opposé une fin de non-recevoir catégorique.

Au Brésil, Lula a insisté samedi sur les réseaux sociaux pour dire que son pays « ne renoncera pas à sa souveraineté » dans les négociations en cours – qu’il s’agisse des accords tarifaires, de la coopération sécuritaire ou de l’exploitation des ressources stratégiques. Le président brésilien s’est dit « très satisfait » de l’entretien, mais les termes qu’il a employés trahissent une vigilance constante : le dialogue, oui, mais sans céder sur les prérogatives nationales. Cette posture rappelle celle adoptée par Claudia Sheinbaum quelques jours plus tôt, lorsque, depuis Sonora, elle avait déclaré que le Mexique devait entretenir de bonnes relations avec les États-Unis, tout en martelant que « la souveraineté ne se négocie pas ». Une mise au point intervenue après que Trump eut qualifié les cartels de « gouvernement du Mexique » et menacé d’intervenir militairement si Mexico ne faisait pas le nécessaire.

Cette double résistance trouve un écho particulier dans les capitales francophones d’Afrique et d’Europe. De Dakar à Bruxelles, on observe avec attention la capacité de Brasília et de Mexico à préserver leur marge de manœuvre face à une puissance hégémonique qui, sous Trump, n’hésite pas à mêler commerce, sécurité et ressources naturelles. Pour le Canada et la Belgique, partenaires historiques du Mercosur et de la CELAC, l’enjeu est aussi celui d’un multilatéralisme en crise : si les plus grands d’Amérique latine cèdent, que restera-t-il des équilibres sud-nord ?

Dans ce contexte, Lula n’a pas seulement défendu une ligne souverainiste. Il a aussi proposé à Trump d’adhérer à des initiatives régionales comme la Police de l’Amazonie et le Consensus de Brasília – une manière de renverser la logique unilatérale en imposant un cadre multilatéral de coopération. La proposition brésilienne vise à faire des États-Unis un partenaire parmi d’autres dans la lutte contre le crime organisé transnational, et non un gendarme imposant ses conditions. Reste à savoir si Washington, qui voit dans les minerais critiques un levier stratégique essentiel face à la Chine, acceptera de jouer selon des règles qu’il n’a pas lui-même dictées. Les prochains rounds de négociation, notamment sur les tarifs douaniers et l’exploitation des terres rares, diront si la défense de la souveraineté latino-américaine est un principe ou un vœu pieux.

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