
Menace nucléaire sur Cuba : quand Trump joue avec le feu dans les Caraïbes
Le président américain Donald Trump a franchi un seuil inédit dans la rhétorique agressive contre Cuba en évoquant, le 2 mai dernier, l’envoi du porte-avions USS Abraham Lincoln à cent mètres des côtes cubaines. Une plaisanterie, selon le locataire de la Maison-Blanche, mais qui a provoqué une onde de choc bien réelle. « En revenant d’Iran, nous prendrons l’île presque immédiatement », a-t-il lancé devant un parterre de donateurs républicains. À La Havane, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le président Miguel Díaz-Canel a dénoncé une « menace claire et directe d’agression militaire », exhortant la communauté internationale à ne pas laisser passer un « acte criminel d’une telle ampleur ». Derrière le ton badin, c’est tout le poids de la puissance militaire états-unienne qui se déploie, alors que de nouvelles sanctions viennent d’être décrétées contre les banques étrangères travaillant avec Cuba.
Cette escalade verbale s’inscrit dans une stratégie plus large de pression maximale, dont le dossier iranien constitue le premier acte. Trump semble envisager un double front, mais les observateurs européens s’inquiètent d’un précédent dangereux : jamais, depuis la crise des missiles de 1962, un président américain n’avait menacé aussi crûment d’une invasion. À Bruxelles comme à Paris, on redoute que ce chantage militaire ne fragilise les équilibres régionaux et ne relègue au second rang les efforts diplomatiques européens pour préserver l’accord nucléaire iranien. Les chancelleries francophones africaines, elles, voient dans cette posture un retour aux pires heures de la guerre froide, où le continent servait de théâtre aux rivalités entre grandes puissances.
Du côté canadien et belge, les gouvernements ont exprimé leur préoccupation par des voies officieuses, rappelant que la souveraineté cubaine est protégée par le droit international. Mais les marges de manœuvre sont étroites face à un locataire de la Maison-Blanche qui semble décidé à jouer toutes les cartes – militaires, économiques et médiatiques – pour imposer sa vision. Le Corriere della Sera évoque un « syndrome de la canonnière » qui anachronique, tandis que les médias russes suggèrent que Moscou pourrait accroître son soutien militaire à La Havane en représailles.
L’avenir immédiat reste incertain. Si Trump paraît prioriser le règlement iranien, ses menaces cubaines pourraient bien n’être qu’une manoeuvre de diversion ou un test pour l’opposition interne. Mais le risque d’une escalade non maîtrisée est réel : chaque provocations rhétorique réduit l’espace pour une solution négociée. La communauté internationale, notamment les voix du Sud global, devra faire preuve d’une vigilance accrue pour éviter que la plaisanterie macabre de Trump ne devienne une tragédie annoncée.
Élargis ton regard
Nouvelle vague de frappes américaines en Iran, l’Arabie saoudite s’engage dans le conflit
3 langues · 68 sources
Depuis Economy & MarketsMexique : le PIB bondit de 1,5 % au deuxième trimestre, son meilleur élan depuis 2020
1 langue · 18 sources
Depuis TechnologyGIIAS 2026 : la citadine électrique Chery Q enregistre 6 000 commandes, bousculant le marché indonésien
1 langue · 15 sources