
Missiles iraniens exclus des pourparlers, Trump temporise
Après la signature d’un accord-cadre avec Washington, Téhéran refuse catégoriquement d’inclure son programme balistique dans les futures négociations, une position que le président américain semble accepter.
La signature, jeudi 18 juin 2026, d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran a mis fin à une guerre régionale déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes. Pourtant, à peine l’encre sèche, un désaccord fondamental est apparu au grand jour : le sort de l’arsenal balistique iranien. Tandis que l’accord-cadre ouvre la voie à des négociations détaillées sur le programme nucléaire de Téhéran et une levée progressive des sanctions économiques, il reste totalement muet sur les missiles, au grand dam d’Israël et de nombre de capitales occidentales.
Depuis le sommet du G7 en France, Donald Trump a justifié ce silence en des termes qui ont surpris les chancelleries. « Si d’autres pays en possèdent, il serait injuste que l’Iran n’en ait pas », a déclaré le président américain, citant l’Arabie saoudite, le Qatar et d’autres États arabes. Selon lui, les missiles ne constituent pas le cœur du problème, car « ils ne détruisent qu’un petit nombre de sites ». Cette posture, qui rompt avec l’intransigeance traditionnelle de Washington, a été perçue comme un camouflet par Israël, allié historique pour qui la menace balistique iranienne demeure une ligne rouge absolue.
La réponse de Téhéran n’a pas tardé. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a exclu toute discussion sur les capacités de frappe du pays : « Nos missiles ne sont pas faits pour être négociés, mais pour être tirés. » La défense iranienne, a-t-il martelé, ne sera abordée « d’aucune manière, dans aucun processus, par personne ». Cette rhétorique, qui érige le programme balistique en symbole intangible de souveraineté, confirme que l’accord-cadre a été bâti sur une ambiguïté stratégique : Washington obtient un gel des hostilités et une perspective de règlement nucléaire, tandis que Téhéran préserve intact son principal outil de dissuasion conventionnelle, au grand dam des pays du Golfe et d’Israël.
La divergence de vues entre les États-Unis et leur allié israélien est désormais exposée. Les médias indonésiens et indiens soulignent que Jérusalem, qui a toujours exigé le démantèlement des missiles iraniens, se retrouve marginalisée par le pragmatisme trumpien. Pour les Européens, notamment la France qui accueillait le G7, l’enjeu est double : saluer un accord qui éteint un foyer de guerre au Moyen-Orient, tout en mesurant le risque d’une course aux armements balistiques régionaux que les propos de Trump pourraient encourager. Les capitales du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest, souvent exposées aux retombées des crises proche-orientales, observent avec prudence une paix qui laisse en suspens la question des vecteurs à longue portée.
À terme, le cadre signé entre Washington et Téhéran devra affronter cette zone d’ombre. Les discussions à venir sur le nucléaire et les sanctions offriront peut-être une occasion de normalisation économique, mais l’absence de tout mécanisme sur les missiles balistiques hypothèque la confiance régionale. Israël, qui n’est pas partie à l’accord, pourrait durcir sa posture, tandis que les monarchies du Golfe, elles-mêmes détentrices de capacités balistiques, seront tentées de renforcer leurs arsenaux. La paix rétablie reste ainsi suspendue à un équilibre précaire, où la retenue iranienne sur le champ de bataille n’implique nullement un renoncement à la menace par le feu.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse d'Asie du Sud-Est | +0.20 | neutral |
Trump déclare désormais que l'Iran devrait posséder des missiles balistiques, revenant sur sa position dure antérieure. Ce revirement est perçu comme une manœuvre pragmatique pour faire avancer les négociations, mais il suscite des doutes sur la cohérence de la politique américaine.
Trump a accepté que l'Iran conserve ses missiles balistiques, laissant Israël frustré et 'se mordant les doigts'. Téhéran affirme fermement que ses missiles ne sont faits que pour être tirés et ne seront jamais négociés, présentant l'accord comme une victoire pour sa souveraineté défensive.
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