
Mondial 2026 : l'Iran confirme sa participation, l'Italie rejette un improbable remplacement
Alors que la guerre entre les États-Unis et l'Iran s'enlise, la sélection iranienne de football a officiellement confirmé sa participation à la Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Par la voix de sa porte-parole, le gouvernement de Téhéran a annoncé la « pleine disponibilité » de l'équipe nationale, mettant fin aux spéculations sur un éventuel boycott. Cette affirmation intervient dans un climat de tensions extrêmes : Washington et Tel-Aviv ont lancé des frappes contre l'Iran fin février, tandis que les négociations sur le nucléaire piétinent. Pourtant, le président Donald Trump a déclaré ne pas vouloir « influencer les athlètes iraniens », tout en laissant planer une menace implicite sur l'entourage de la délégation.
C'est dans ce contexte que le conseiller spécial de Trump, Paolo Zampolli, a suggéré à la Fifa de remplacer l'Iran par l'Italie, éliminée lors des barrages. Une proposition aussitôt rejetée par le ministre italien des Sports, Andrea Abodi, pour qui un tel scénario est « en premier lieu impossible, en second lieu inapproprié » : la qualification doit se gagner sur le terrain. La fédération internationale a également rappelé que les matches de l'Iran – prévus à Los Angeles et Seattle – se dérouleraient comme prévu. Du côté de Rome, on voit dans cette manœuvre une tentative de restaurer des relations diplomatiques fragiles entre Trump et la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, après des échanges houleux sur la politique pontificale et le conflit iranien.
Mais le véritable enjeu, soulevé par le secrétaire d'État Marco Rubio, réside dans le contrôle des personnes accompagnant la sélection iranienne. Rubio a prévenu que les États-Unis n'interdiraient pas l'entrée aux joueurs, mais qu'ils refuseraient l'accès à tout individu soupçonné d'appartenir ou d'être lié au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), classé organisation terroriste par Washington. Sous couvert de journalistes ou d'entraîneurs, la délégation pourrait inclure des éléments proches de cette milice. Une zone grise qui pourrait, in fine, pousser Téhéran à renoncer elle-même au voyage, pour éviter une humiliation diplomatique.
Ce feuilleton révèle l'emprise croissante de la géopolitique sur le sport, déjà mise en lumière lors des précédentes éditions. Pour les observateurs européens, et notamment francophones, cette ingérence américaine dans le football heurte les principes d'intégrité sportive et de multilatéralisme. La Coupe du monde, censée être une trêve universelle, devient ici un instrument de pression dans un conflit qui menace de déstabiliser tout le Moyen-Orient. Alors que l'Italie, par fierté nationale, écarte l'hypothèse d'un repêchage, l'Iran se trouve face à un dilemme : accepter un voyage sous contrôle, ou boycotter pour préserver sa souveraineté. La décision de Téhéran, attendue dans les prochaines semaines, déterminera non seulement le sort d'une équipe, mais aussi la crédibilité d'un Mondial placé sous le signe de la guerre.
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