
Mondial 2026 : sous pression, la FIFA relève à 871 millions de dollars l’enveloppe des équipes
C’est à Vancouver, ville-hôte de la première Coupe du monde à 48 nations, que la FIFA a cédé aux inquiétudes. Réuni mardi 28 avril, son Conseil a décidé de gonfler de 15 % la contribution financière totale destinée aux équipes participantes, la faisant passer de 727 millions à 871 millions de dollars. L’annonce, aussitôt présentée par le président Gianni Infantino comme l’illustration de la « santé financière jamais égalée » de l’instance, survient pourtant après que plusieurs fédérations eurent tiré la sonnette d’alarme.
Dans les colonnes de la presse arabe comme au Maghreb, les échos étaient convergents ces dernières semaines : le coût exponentiel des déplacements, des taxes et des frais de fonctionnement dans les trois pays nord-américains menaçait de transformer la qualification – déjà une prouesse – en fardeau budgétaire pour de nombreuses sélections. Les médias marocains, de Hespress à Assabah, relayaient la grogne, soucieux des finances de la Fédération royale marocaine, tandis que le quotidien mexicain El Sol de México soulignait que l’ajustement visait à « apaiser les préoccupations » exprimées avant le Congrès du jeudi 30 avril. De New York à Beyrouth, en passant par les rédactions francophones du continent, on percevait le risque que l’élargissement historique du tournoi à 48 équipes se heurte à un mur budgétaire pour les participants les moins dotés.
Concrètement, l’enveloppe de préparation bondit de 1,5 à 2,5 millions de dollars par équipe, et la prime de qualification de 9 à 10 millions. Quelque 16 millions supplémentaires couvriront les frais des délégations et l’augmentation des contingents de billets. Pour le Maroc, comme pour les autres qualifiés d’Afrique ou les outsiders d’Asie, ces montants garantissent une marge de manœuvre bienvenue face à une organisation logistique inédite à l’échelle continentale. Dans les médias de Casablanca et de Rabat – Medias24, TelQuel ou encore Challenge – on souligne que cette hausse s’applique à l’ensemble des 48 associations, sans distinction, et qu’elle pourrait atténuer le décrochage entre les grandes puissances du ballon rond et les nations émergentes.
Du côté américano-canadien, cette décision se lit comme un réajustement dicté par le succès commercial du tournoi, tel que le vante la FIFA. Mais, vue d’Europe, où l’on s’interroge périodiquement sur la répartition des richesses du football, cette hausse soudaine – décrétée en amont du Congrès sans consultation élargie – alimente le débat sur la dépendance des fédérations aux largesses d’un organisme centralisé. Dans l’espace francophone africain, on espère, non sans un certain scepticisme, que cette manne puisse irriguer le développement des structures locales, même si le lien entre prime de participation et legs pérenne demeure ténu. La presse économique maghrébine rappelle d’ailleurs que les retombées indirectes, en termes d’image et de mobilisation populaire, pourraient s’avérer plus lourdes que les dollars versés.
Alors que la grand-messe du football mondial s’apprête à se déployer sur trois territoires et onze fuseaux horaires, l’augmentation des dotations signe moins une victoire des petites nations sur le pouvoir que la reconnaissance d’un déséquilibre criant. Le signal est clair : pour que le modèle économique à 48 équipes tienne, il faudra sans cesse ajuster l’équation entre recettes records et charges exponentielles. La suite dépendra de la capacité des fédérations nationales à convertir cette manne ponctuelle en héritage durable – une interrogation qui, de Rabat à Mexico, restera entière après le coup de sifflet final.
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