
Mondial 2026 : le Canada entre dans l’histoire avec un nul et une cérémonie en clair-obscur
Le pays hôte a arraché son premier point en Coupe du monde face à la Bosnie (1-1), au terme d’une soirée marquée par un faste musical et des tribunes clairsemées.
Pour la première fois de son histoire, le Canada n’a pas quitté une pelouse de Coupe du monde les mains vides. Vendredi 12 juin à Toronto, les « Rouges » ont tenu en échec la Bosnie-Herzégovine (1-1) lors de leur entrée dans le Groupe B, décrochant ainsi le premier point de leur parcours mondialiste après six défaites en autant de matchs lors des éditions 1986 et 2022. L’égalisation tardive de l’attaquant Cyle Larin, entré en jeu deux minutes plus tôt, a fait exploser un stade BMO Field acquis à la cause des coorganisateurs, même si les médias nord-américains, de CBC/Radio-Canada au Toronto Star, ont relevé que la victoire espérée s’était dérobée face à une équipe bosnienne opportuniste, auteure de l’ouverture du score par Jovo Lukic sur corner.
La liesse sportive a été précédée d’une cérémonie d’ouverture qui, à l’image du format inédit de ce Mondial à trois têtes, se voulait un miroir de la diversité canadienne. Portée par des têtes d’affiche comme Michael Bublé, Alanis Morissette, Alessia Cara ou la star bollywoodienne Nora Fatehi, la célébration a rendu hommage aux peuples autochtones et déroulé un tapis rouge sous une réplique géante du trophée. Pourtant, la presse latino-américaine – notamment brésilienne et argentine – a abondamment moqué les travées vides en début de spectacle et un incident technique où une partie de la structure dorée s’est détachée, suscitant une avalanche de mèmes sur les réseaux sociaux. Les observateurs européens, du Frankfurter Allgemeine Zeitung au Guardian, ont souligné le contraste avec la ferveur massive du stade Azteca la veille, tout en rappelant que le football demeure une passion en construction dans un pays voué au hockey.
Sur le terrain, la rencontre a reflété ce décalage entre ambition et maturité. Dominateurs dans la possession et le nombre d’occasions, les Canadiens ont buté sur une défense bosnienne compacte et sur leur propre maladresse, à l’image de Jonathan David dont la frappe trop axiale a été captée sans peine. La presse asiatique et moyen-orientale, de CNN Indonesia à Hespress, a mis en avant la résilience bosnienne, quand les analystes italiens de l’ANSA ont salué le coaching gagnant de Jesse Marsch, qui a su relancer son équipe par les entrées de Promise David et Larin. Le sélectionneur canadien a d’ailleurs insisté sur la nécessité de « tirer les leçons » de cette soirée en vue des prochains rendez-vous contre le Qatar et la Suisse.
Au-delà du résultat, cette double inauguration – le Canada puis les États-Unis quelques heures plus tard avec Katy Perry – interroge la capacité du format à trois hôtes à générer une ferveur homogène. Les tribunes à moitié pleines au coup d’envoi, malgré un engouement populaire palpable dans les rues de Toronto, relancent le débat sur le coût des billets et l’accessibilité du tournoi, déjà pointé par plusieurs médias mexicains après le match d’ouverture à Guadalajara. Pour le Canada, ce point historique est une rampe de lancement : il faudra désormais transformer l’élan en victoire pour espérer franchir le premier tour et ancrer un peu plus le soccer dans l’imaginaire national.
| Presse latino-américaine | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | −0.30 | critical |
| Presse indienne et sud-asiatique | +0.50 | aligned |
La presse latino-américaine souligne l’embarras de la cérémonie d’ouverture canadienne, avec des tribunes à moitié vides qui contredisent les déclarations d’Infantino sur une énorme demande de billets, et une maladresse grotesque avec le trophée géant. Tout en reconnaissant le premier point historique du Canada, l’attention reste sur les défaillances organisationnelles.
La presse du Golfe souligne le contraste entre le faste de la cérémonie avec la star de Bollywood Nora Fatehi et le débat houleux sur les sièges vides, ce qui soulève des doutes sur l’organisation et l’intérêt réel pour l’événement.
La presse indienne célèbre l’événement de la Coupe du monde au Canada, en mettant en avant la performance de la star de Bollywood Nora Fatehi comme pièce maîtresse de la cérémonie d’ouverture, ignorant toute controverse ou critique.
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