
Russie : un ex-cadre de Popcorn Books condamné avec sursis après avoir dénoncé sa hiérarchie
Pavel Ivanov a écopé de quatre ans de prison avec sursis pour « extrémisme » lié à la vente de livres LGBT, après avoir témoigné contre les dirigeants du géant Eksmo dans une affaire initiée par une opération d’achat test impliquant des mineurs.
Le tribunal Zamoskvoretski de Moscou a condamné le 25 juin 2026 Pavel Ivanov, ancien directeur des ventes des éditions Popcorn Books, à quatre ans de privation de liberté avec sursis, assortis d’une interdiction de publier et d’administrer des sites internet pendant la même durée, ainsi que de la confiscation de près de 2,7 millions de roubles. Reconnu coupable de participation à une organisation extrémiste et d’implication d’autrui dans celle-ci, M. Ivanov avait plaidé coupable, conclu un accord de coopération avec l’enquête et livré des témoignages contre d’autres prévenus, notamment des cadres dirigeants du holding Eksmo. Selon les éléments rendus publics par les médias russes, l’affaire trouve son origine dans une « opération d’achat test » menée par les forces de sécurité, au cours de laquelle des adolescentes, dont une mineure de 15-16 ans, ont passé commande de livres figurant sur une liste d’ouvrages déjà prohibés.
Devant le tribunal, Pavel Ivanov a présenté sa coopération comme un « devoir civique », affirmant avoir toujours soutenu le président Vladimir Poutine et s’être engagé dès l’époque soviétique dans des brigades de jeunesse pour « attraper les pervers ». Il a accusé plusieurs responsables d’Eksmo, dont le directeur de la distribution Anatoli Noroviatkine et la directrice financière Svetlana Tsypliaïeva, d’avoir conçu et supervisé un mécanisme de vente parallèle des stocks de livres à thématique LGBT après leur interdiction. La direction d’Eksmo, de son côté, a publié un communiqué assurant soutenir « absolument et inconditionnellement » les intérêts nationaux russes, rappelant avoir instauré un système interne de vérification des manuscrits et coopérer avec les autorités.
L’accusation soutient qu’après la reconnaissance par la Cour suprême russe du « mouvement international LGBT » comme organisation extrémiste en novembre 2023, un « groupe organisé » au sein d’Eksmo aurait élaboré des listes « rouge » et « jaune » d’ouvrages afin d’écouler des stocks évalués à plusieurs dizaines de millions de roubles, en ciblant notamment un public mineur. Les investigations ont conduit, en avril 2026, à l’interpellation et à l’audition du directeur général d’Eksmo, Evgueni Kapiev, ainsi que de trois autres cadres dirigeants, relâchés sous obligation de se présenter aux convocations. À ce stade, ces responsables conservent le statut de témoins, mais les déclarations des anciens employés de Popcorn Books, dont celles de M. Ivanov, ont élargi le périmètre de l’enquête au sommet du premier groupe éditorial du pays.
L’affaire s’inscrit dans un durcissement juridique visant les contenus liés à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre en Russie. La maison Popcorn Books, spécialisée dans la littérature young adult et rachetée en 2023 par Eksmo, avait notamment publié le roman « L’Été au foulard de pionnier », retiré de la vente après l’adoption de la législation interdisant la « propagande LGBT ». L’enseigne a cessé toute activité en janvier 2026. Les procédures visant les autres prévenus, Dmitri Protopopov et Artem Vakhlaïev, se poursuivent, tandis que le parquet n’a pas exclu de nouvelles mises en cause au sein de la holding.
| Presse russe et CEI | +0.10 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.70 | critical |
La Russie condamne l'ancien directeur pour propagande LGBT, soulignant sa coopération et son soutien à Poutine, légitimant ainsi le verdict.
Présente l'affaire comme une procédure judiciaire normale, en mettant l'accent sur les aveux et la coopération de l'accusé pour suggérer que la sentence est juste et volontaire.
Omet le contexte de persécution politique et les critiques des militants, présentant l'affaire comme une procédure judiciaire normale.
L'Europe dénonce l'affaire comme un exemple de persécution politique arbitraire, soulignant l'absurdité du procès et la pression sur l'accusé.
Encadre l'affaire dans un schéma plus large de procès politiques en Russie, utilisant le terme 'absurde' pour susciter une réaction émotionnelle et moralement condamnatoire.
Omet la coopération volontaire de l'accusé et son soutien à Poutine, ce qui pourrait réduire la perception d'injustice.
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