
Présidentielle 2027 : divisions dans la majorité, montée des extrêmes et stratégie d’attente
À un an de l'élection, la majorité se déchire tandis que les extrêmes montent. Édouard Philippe temporise, Attal propose un pacte, Mélenchon et Zemmour avancent.
La campagne pour l’Élysée s’engage dans une phase décisive, marquée par des fractures au sein de la majorité et la résurgence de figures radicales. Édouard Philippe, dont la candidature est officielle depuis septembre 2024, poursuit une stratégie de lente maturation, multipliant les déplacements sans dévoiler son projet. Son meeting à Reims, ce dimanche, devait marquer le passage du statut de chef de parti à celui de candidat. Mais le baromètre de la stature présidentielle, réalisé par l’institut Verian pour Le Figaro Magazine, révèle une baisse significative de sa cote sur les compétences et la vision pour l’avenir, signe que l’effet de sa réélection au Havre s’estompe. La prudence du maire du Havre, qui refuse de précipiter son calendrier, commence à lasser certains de ses soutiens.
Cette attente est d’autant plus risquée que le camp macroniste connaît des tensions internes. Le divorce entre Élisabeth Borne et Gabriel Attal, consommé par le départ de la première de la direction de Renaissance, a contraint Sébastien Lecornu à convoquer les députés du socle parlementaire pour tenter de ressouder les troupes. Dans son discours, le premier ministre a appelé à l’unité, rappelant que les Français ne pardonneraient pas des divisions inutiles. De son côté, Gabriel Attal a esquissé une ébauche d’accord avec Édouard Philippe : le moins bien placé des deux devrait se retirer début 2027, en cas de risque d’un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national. Une tentative d’endiguer la double menace qui gagne du terrain.
Celle-ci vient d’abord de la gauche radicale. La presse allemande, via la Neue Zürcher Zeitung, met en garde contre Jean‑Luc Mélenchon, qualifié de « plus dangereux diviseur de la France ». Si l’ancien candidat parvient à se qualifier pour le second tour, il pourrait, selon des observateurs germaniques, servir de marchepied aux nationalistes en attirant des voix hostiles au système sans capacité de rassemblement. À l’autre extrémité, Éric Zemmour prépare son retour. Le président de Reconquête, capable de capter un électorat d’extrême droite plus urbain et diplômé, fait paraître Marine Le Pen presque modérée, note El País. Ses discours ouvertement islamophobes et ethnicistes banalisent un langage que le Rassemblement national tente de polir.
Dans ce paysage fragmenté, les perspectives restent incertaines. La majorité tente de préserver un espace central, mais l’attentisme d’Édouard Philippe pourrait se révéler coûteux face à des rivaux qui avancent leurs pions. La stratégie de Gabriel Attal, qui fixe rendez-vous « début 2027 » pour une clarification, repose sur l’hypothèse que la menace d’un duel entre les extrêmes contraindra enfin les forces modérées à s’unir. Un calcul audacieux, à un an d’un scrutin qui s’annonce comme un test pour la Ve République.
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