
L’Iran accélère les exécutions politiques : une logique de guerre et de terreur
Depuis le début du conflit, Téhéran a exécuté au moins 28 opposants en sept semaines, une intensité inédite depuis des décennies.
Depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran, le régime multiplie les exécutions de prisonniers politiques à un rythme que les organisations de défense des droits humains jugent sans précédent depuis les années 1980. En quarante-six jours, vingt-huit condamnations à mort ont été confirmées par les tribunaux révolutionnaires, dont treize directement liées aux soulèvements de 2025-2026. L’affaire d’Erfan Kiani, exécuté le 5 mai 2025 à l’âge de vingt et un ans, illustre cette mécanique : accusé de « moharebeh » pour avoir brandi un couteau lors des manifestations, il a été pendu après une confession télévisée obtenue sous pression, selon des militants.
Si le recours à la peine capitale n’est pas nouveau en Iran – le pays occupe le deuxième rang mondial après la Chine, avec près de 1 500 exécutions l’an dernier –, la cible est aujourd’hui exclusivement politique : 71 % des condamnés le sont pour des motifs liés aux protestations ou à la sécurité, contre une majorité de narcotrafiquants auparavant. Le régime utilise la guerre comme prétexte pour liquider ses opposants, transformant l’état d’urgence en outil de répression systématique. Dans les capitales européennes, la condamnation est unanime, mais les mesures concrètes – sanctions ciblées, gel des avoirs – peinent à se coordonner face à la realpolitik énergétique.
En Afrique francophone, où l’influence iranienne croît via des accords économiques et culturels, les gouvernements observent avec gêne, tandis que les organisations de la société civile dénoncent une « banalisation de la barbarie ». La Belgique et le Canada, par leurs ambassades, ont rappelé leurs ambassadeurs après l’exécution de Kiani, mais sans effet dissuasif. L’histoire récente montre que chaque vague de répression en Iran précède une consolidation du pouvoir.
Avec la perspective d’un cessez-le-feu, les inquiétudes redoublent : le régime, fort de sa mainmise sur l’appareil judiciaire, pourrait intensifier la purge pour éliminer toute opposition résiduelle. La communauté internationale, divisée, semble incapable d’enrayer cette escalade qui transforme chaque prison en antichambre de la mort.
Élargis ton regard
Trump suspend les frappes contre l’Iran, en attendant un accord rapide
2 langues · 74 sources
Depuis Economy & MarketsPétrole : bénéfices records des majors, Trump fustige des « profits excessifs »
6 langues · 21 sources
Depuis TechnologyUn étage de fusée SpaceX va percuter la Lune le 5 août, offrant une expérience d’impact en conditions connues
6 langues · 16 sources