
Secousses telluriques en chaîne au Mexique et en Iran, mémoires de la tectonique des plaques
Deux séismes modérés ont encadré la nuit et le matin du 1er mai au large de la côte méridionale du Mexique, rappelant que la région du Chiapas demeure l’une des zones les plus actives de la planète. À 22 h 30, heure locale, la veille, une secousse de magnitude 4,4 a été détectée à 149 kilomètres au sud-ouest de Ciudad Hidalgo, suivie quelques heures plus tard, à 5 h 01, par une seconde de 4,1 à 113 kilomètres de la même ville. Les deux événements se sont produits à faible profondeur – entre 11 et 16 kilomètres – dans cette portion de l’océan Pacifique où la plaque Cocos plonge sous les plaques nord-américaine et caraïbe, à la jonction de plusieurs failles transformantes. Aucun dégât ni victime n’a été signalé dans cette zone frontalière avec le Guatemala, mais la résonance de ces secousses se lit dans une actualité sismique qui ne s’arrête pas aux frontières américaines. Elles ont été enregistrées avec précision par le Servicio Sismológico Nacional mexicain, dont la vigilance est scrutée bien au-delà de l’Amérique latine, notamment par les observatoires européens qui entretiennent des collaborations techniques avec le réseau centroaméricain.
Au même moment, l’autre grand foyer sismique de l’hémisphère Nord, celui de la collision entre les plaques arabique et eurasienne, livrait son propre bulletin. La province iranienne du Khouzistan, à l’ouest du pays, a été réveillée par un tremblement de terre de magnitude 4,3 près de la localité de Hosseinieh, à une profondeur de 17 kilomètres. Le séisme, enregistré à 8 heures du matin, se situe sur l’axe stratégique qui relie le nord et le sud de la province, non loin des villes d’Andimeshk et de Dezfoul. Si les secousses mexicaines naissent en mer, dans un contexte de subduction océanique, le tremblement iranien s’inscrit dans une tectonique de compression continentale, le long de la ceinture plissée du Zagros, où les contraintes accumulées depuis des millénaires se libèrent par à-coups, souvent destructeurs. L’agence sismologique nationale iranienne a par ailleurs recensé, au cours de la semaine écoulée, une grappe de séismes de magnitude 2,8 à 3,8 dans plusieurs provinces, du Boushehr sur la côte du Golfe jusqu’au Sistan-et-Baloutchistan à l’est, en passant par le Fars, le Tchaharmahal-et-Bakhtiari et le Kerman, confirmant l’essaimage permanent de la microsismicité sur le plateau.
Ces secousses, qualifiées de modérées, ne font pas la une des journaux francophones européens ou africains ; pourtant, leur simultanéité est un rappel utile pour les littoraux exposés aux ondes de tsunami, des Antilles françaises à Mayotte, et pour les métropoles construites sur des failles actives, comme Alger ou Beyrouth. La communauté scientifique, en particulier les chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement basés à Marseille et à La Réunion, suit de près ces manifestations, qui nourrissent les modèles de prévision à long terme. Si aucun dégât immédiat n’est à déplorer, le séisme de faible magnitude agit souvent comme une alarme sur la pression accumulée le long des failles bloquées. De Calcutta à Mexico, en passant par Istanbul, les experts rappellent que les périodes de calme relatif doivent être mises à profit pour renforcer les normes parasismiques et la préparation des populations, surtout dans les régions où l’urbanisation rapide étend les zones de risque. Dans le golfe du Mexique comme dans les plaines du Khouzistan, la terre rappelle régulièrement qu’elle ne distingue ni frontières, ni niveaux de développement.
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