
Strait d’Hormuz : la trêve avec l’Iran ne suffit pas à rassurer les marchés du Golfe
Alors que le président américain Donald Trump annonçait mardi une prolongation indéfinie du cessez-le-feu avec l’Iran, les places boursières du Golfe ont terminé la journée de mercredi dans le rouge. L’optimisme suscité par cette ouverture diplomatique a été balayé par une réalité bien plus tangible : le détroit d’Ormuz reste fermé, et les navires de guerre américains maintiennent un blocus des côtes iraniennes que Téhéran qualifie d’acte de guerre. L’indice vedette de Dubaï a cédé 1,1 %, entraîné par le recul de 2,2 % du promoteur immobilier Emaar Properties et de 1,8 % de la première banque de l’émirat, Emirates NBD. À Abou Dhabi, l’indice a perdu 0,8 %, pénalisé par First Abu Dhabi Bank (−2,6 %) et Aldar Properties (−1,8 %). Ce mouvement de défiance traduit la nervosité d’investisseurs qui mesurent chaque jour le coût économique d’une paralysie maritime sans précédent.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, n’a vu passer que trois navires en vingt-quatre heures. Mercredi, au moins trois porte-conteneurs ont été la cible de tirs dans ses eaux, rapportent des sources de sécurité maritime. La trêve annoncée par M. Trump, destinée à ouvrir des pourparlers de paix, n’a donc pas levé la menace qui pèse sur l’une des voies les plus stratégiques de l’économie mondiale. Pour les places financières du Conseil de coopération du Golfe, le dilemme est cruel : une perspective diplomatique, certes, mais un blocus effectif qui asphyxie le commerce et fait grimper les primes d’assurance.
Cette tension n’épargne pas les économies européennes et francophones, dépendantes des approvisionnements énergétiques transitant par Ormuz. La France, la Belgique et le Québec, tout comme les États d’Afrique francophone importateurs de brut, redoutent une flambée des prix qui alourdirait leurs factures énergétiques et alimenterait l’inflation. Les analystes du Golfe rappellent que la prolongation du cessez-le-feu reste fragile : elle ne suspend pas le blocus maritime, et toute escalade — un incident naval ou un tir de missile — peut anéantir les espoirs de détente.
L’avenir immédiat dépendra de la capacité des négociateurs à transformer une trêve verbale en une levée concrète des restrictions en mer. Tant que les navires américains bloquent les ports iraniens et que le détroit demeure une zone de guerre, les marchés ne retrouveront pas leur sérénité. La région semble prise dans un équilibre instable entre une diplomatie qui avance à pas comptés et une réalité militaire qui, elle, ne recule pas.
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