
Téhéran et Washington à Islamabad : une médiation pakistanaise pour tenter d’éteindre la guerre
Alors que la guerre entre l’Iran et les États-Unis s’enlise dans le détroit d’Ormuz, un improbable théâtre diplomatique émerge à Islamabad. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, doit arriver dans la capitale pakistanaise ce vendredi soir, selon plusieurs sources gouvernementales pakistanaises, pour un second round de pourparlers directs avec une délégation américaine. Une équipe américaine de sécurité et de logistique serait déjà sur place, mais aucune confirmation n’est venue ni de Washington ni de Téhéran.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a néanmoins évoqué, quasi simultanément, une « chance pour l’Iran de conclure un bon accord », laissant entendre que la porte reste entrouverte. Le premier round, attendu mardi, avait capoté : l’Iran avait jugé les exigences américaines excessives, et la délégation conduite par le vice-président J. D.
Vance n’avait jamais quitté Washington. Depuis, le président Trump a prolongé le cessez-le-feu jusqu’à la fin des négociations, geste ambigu qui mêle ultimatum et offre de trêve. Du côté de Pékin et de Moscou, on observe avec prudence une médiation qui pourrait redessiner les équilibres au Moyen-Orient.
L’Iran, acculé militairement mais n’ayant pas cédé sur ses lignes rouges, cherche des appuis dans le Sud global : Araghchi devrait aussi se rendre à Moscou et à Mascate dans les prochains jours. Au Pakistan, pays sunnite doté de l’arme nucléaire et traditionnel allié de Riyad, le rôle de médiateur est une aubaine diplomatique. Mais les contradictions régionales demeurent.
Au même moment, le Hezbollah libanais, soutien de Téhéran, rejette catégoriquement la prolongation de la trêve avec Israël annoncée par Trump. Cette fin de non-recevoir complique tout compromis, tandis que les marchés pétroliers – brut en hausse, Bourses en berne – traduisent l’angoisse d’une escalade irréversible. Pour l’Union européenne et les capitales francophones (Paris, Bruxelles, Ottawa), l’enjeu dépasse le simple conflit régional : une guerre ouverte dans le détroit d’Ormuz mettrait à mal les chaînes d’approvisionnement énergétiques et relancerait les craintes de prolifération nucléaire au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, la fenêtre d’Islamabad pourrait bien être la dernière chance d’éviter un embrasement général. Encore faudrait-il que chaque camp mesure le coût d’un échec plus lourd que celui d’un compromis fragile.
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