
Téhéran transmet sa réponse au plan américain : l’enjeu du détroit d’Ormuz au cœur des négociations
L’Iran a remis son contre-projet via le Pakistan, conditionnant la fin des hostilités à la sécurité maritime dans le Golfe. Les pourparlers s’engagent sur un terrain miné.
Le message est passé par Islamabad. Dimanche, l’Iran a officiellement remis au médiateur pakistanais sa réponse à la dernière proposition américaine visant à mettre un terme au conflit qui ensanglante le Moyen-Orient depuis la fin février. Si les termes précis de ce contre-projet n’ont pas été divulgués, les agences officielles iraniennes ont laissé entendre que Téhéran conditionne désormais tout cessez-le-feu à la garantie de la sécurité maritime dans le golfe Persique et, surtout, dans le détroit d’Ormuz. Une position qui, au-delà de la riposte à Washington, traduit la volonté de la République islamique de lier la négociation à ses intérêts stratégiques les plus vitaux.
Ce nouveau chapitre diplomatique s’ouvre après plus de soixante-dix jours d’affrontements et de restrictions sévères de l’internet en Iran, une situation qui, selon de nombreux observateurs, a isolé la société civile tout en renforçant la main des conservateurs. Du côté américain, Donald Trump avait indiqué vendredi qu’il attendait une réponse « très bientôt », tout en évitant d’accuser Téhéran de « temporiser ». Les efforts de médiation pakistanais, discrets mais constants, apparaissent comme le seul canal direct entre deux capitales qui ne dialoguent plus officiellement depuis la rupture de l’accord nucléaire.
Au-delà du face-à-face américano-iranien, la question d’Ormuz cristallise les inquiétudes de l’ensemble des États riverains et des puissances consommatrices d’hydrocarbures. En Europe, où la dépendance aux approvisionnements du Golfe reste significative malgré la diversification, les chancelleries suivent avec attention ces tractations. Les pays d’Afrique francophone, importateurs nets de pétrole raffiné, redoutent une flambée des prix que provoquerait toute entrave au transit maritime. La Belgique, plaque tournante du commerce énergétique européen, n’est pas en reste. La réponse iranienne, en liant explicitement cessation des hostilités et libre circulation dans le détroit, semble vouloir rassurer ces acteurs tout en rappelant que Téhéran détient une clé de l’économie mondiale.
Reste à savoir si cette approche permettra de déboucher sur un accord intérimaire, comme le suggèrent certaines sources proches des négociations. L’hypothèse d’une trêve limitée, associée à la reprise d’un transit normal à Ormuz, ouvrirait la voie à des discussions plus vastes sur le programme nucléaire iranien. Mais le chemin est semé d’embûches : les lignes rouges des deux camps demeurent éloignées, et le conflit a déjà engendré des dynamiques régionales que la seule diplomatie aura du mal à dénouer. L’étape pakistanaise n’est qu’une première pierre sur un chantier encore incertain.
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