
Trêve de trois jours entre Moscou et Kiev sous l’égide de Trump : espoir ou illusion ?
Un cessez-le-feu de trois jours est entré en vigueur entre la Russie et l’Ukraine, accompagné d’un échange de mille prisonniers. La paix durable reste incertaine.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé vendredi 8 mai un cessez-le-feu de trois jours entre la Russie et l’Ukraine, couvrant les 9, 10 et 11 mai, coïncidant avec les célébrations russes du Jour de la Victoire marquant la défaite du nazisme en 1945. L’accord, confirmé par Volodymyr Zelensky et par le Kremlin via son conseiller Iouri Ouchakov, prévoit la suspension de toute activité militaire et un échange de mille prisonniers de chaque côté. Trump a exprimé l’espoir que cette trêve soit « le début de la fin d’une guerre très longue, mortelle et durement menée », tout en indiquant que des négociations se poursuivent pour un cessez-le-feu plus étendu.
Sur le plan diplomatique, la chronologie est complexe. Moscou avait d’abord décrété une trêve unilatérale de deux jours pour le 9 mai, mais Kiev avait dénoncé une manœuvre visant à sécuriser le défilé militaire sur la place Rouge sans véritable engagement. Les accusations réciproques de violations de la trêve initiale avaient rapidement éclaté, les forces ukrainiennes signalant des tirs de drones russes la veille de l’annonce de Trump. Le président américain est alors intervenu directement auprès de Vladimir Poutine et de Zelensky, obtenant leur accord « sans hésitation », selon ses termes. Cette médiation place Washington au centre du jeu diplomatique, même si le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, a rappelé que la voie vers un règlement définitif reste « très longue et semée de détails complexes ».
Du côté de Kiev, la trêve a été accueillie avec soulagement par une population éprouvée par plus de quatre années de conflit, mais aussi avec une méfiance ancrée. Les autorités ukrainiennes ont insisté sur le fait que l’accord incluait l’engagement russe de ne pas utiliser le Jour de la Victoire à des fins de propagande militaire. À Moscou, le discours officiel oscille entre la satisfaction d’avoir obtenu une pause pour les cérémonies et la fermeté sur les objectifs stratégiques : la paix durable n’est pas à l’ordre du jour. Les capitales européennes, tout en saluant toute réduction des violences, restent prudentes : Bruxelles et Paris soulignent que ce cessez-le-feu limité ne saurait masquer la nécessité d’un retrait des troupes russes et de garanties de sécurité pour l’Ukraine. Dans le monde francophone, des observateurs africains et canadiens notent que cette trêve, si elle est respectée, pourrait offrir une fenêtre humanitaire, mais qu’elle risque de n’être qu’une pause tactique avant une escalade.
En perspective, l’ambition affichée par Trump d’étendre cette trêve en un cessez-le-feu permanent se heurte à des réalités géopolitiques tenaces. La Russie poursuit son offensive dans l’est et le sud de l’Ukraine, tandis que Kiev exige des garanties concrètes avant tout dialogue. L’échange de mille prisonniers, s’il se concrétise, serait le plus important depuis le début de la guerre et pourrait créer une dynamique positive. Mais la méfiance réciproque et la divergence des objectifs stratégiques – Moscou vise une neutralisation de l’Ukraine, Kiev sa souveraineté intégrale – laissent présager que la paix reste un horizon lointain, malgré les espoirs suscités par cette trêve d’un week-end.
Élargis ton regard
Trump suspend les frappes contre l’Iran, en attendant un accord rapide
2 langues · 74 sources
Depuis Economy & MarketsAmazon franchit pour la première fois le cap des 3 000 milliards de dollars de capitalisation
3 langues · 11 sources
Depuis TechnologyUn étage de Falcon 9 s’écrasera sur la Lune le 5 août 2026
3 langues · 8 sources