
Violence scolaire : entre menaces de fusillade et réponses sécuritaires, l'Amérique latine et l'Espagne en alerte
L’onde de choc est partie d’un collège de la province de Salta, dans le nord de l’Argentine, où un élève a poignardé deux camarades à l’issue d’une dispute pendant un cours d’éducation physique. Cet incident, survenu dans une semaine déjà marquée par une recrudescence des alertes, n’est que la face la plus visible d’un phénomène qui traverse tout le continent latino-américain et trouve même un écho en Europe. Au Mexique, une cascade de menaces de fusillade a contraint neuf établissements à suspendre les cours, de l’État d’Oaxaca à celui de Guerrero, en passant par le Michoacán et le Tlaxcala.
Des messages griffonnés dans les toilettes, parfois assortis d’une date précise – comme le 24 avril dans un lycée de Pueblo Nuevo –, ont semé la panique parmi les familles et obligé les autorités à activer des protocoles d’urgence. Le même schéma se répète en Argentine : à Tucumán, six signalements ont été déposés en une seule matinée pour des alertes similaires, tandis que les réseaux sociaux et les appels au 911 propagent l’inquiétude. Face à cette vague, les gouvernements régionaux tâtonnent entre fermeté et prévention.
La province de Córdoba a choisi la voie répressive en officialisant un « protocole de recouvrement » : les parents des auteurs de fausses menaces devront désormais rembourser le coût des opérations policières, une mesure déjà expérimentée à Santa Fe et à Corrientes. Mais cette approche punitive, si elle vise à endiguer des défis viraux, laisse entier le problème de fond. En Espagne, le débat prend une tournure différente : la Generalitat de Catalogne a décidé de déployer des Mossos d’Esquadra en permanence dans les lycées jugés conflictuels, tout en supprimant cent vingt postes d’éducateurs sociaux.
Syndicats, parents et élèves dénoncent une erreur stratégique, estimant que la sécurisation ne remplace pas l’accompagnement psychosocial. Ce choix illustre une tension mondiale entre logique sécuritaire et investissement éducatif. Au Canada comme en Belgique, où des alertes similaires ont surgi ces dernières années, les autorités privilégient plutôt le renforcement des équipes de médiation.
L’onde de choc latino-américaine, mêlée aux controverses catalanes, rappelle que la violence scolaire ne se combat pas seulement à coups d’amendes ou d’uniformes bleus : elle exige une refonte de l’écoute et de la prévention au sein même des établissements.
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