
Washington accueille un troisième round de négociations israélo-libanaises dans un climat de défiance
Les délégations israélienne et libanaise se retrouvent à Washington pour un troisième round de discussions, tandis que les frappes israéliennes au Liban compromettent toute rencontre au sommet.
Le troisième round de pourparlers entre le Liban et Israël doit se tenir la semaine prochaine au département d’État américain, sur deux jours consécutifs. Cette nouvelle session, qui réunira notamment l’ambassadeur Simon Karam, l’ambassadrice à Washington Nada Hamadeh Moawad et des représentants de l’armée libanaise, intervient dans un climat de profonde méfiance. L’administration Trump, soucieuse d’accélérer un processus de normalisation longtemps jugé impossible, pousse pour une rencontre directe entre le président libanais Joseph Aoun et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Mais Beyrouth oppose une fin de non-recevoir tant que les frappes israéliennes se poursuivent sur son territoire, multipliant les violations du cessez-le-feu fragile en vigueur depuis novembre 2024.
Du côté libanais, l’insistance porte sur le respect des résolutions internationales et la souveraineté nationale. La délégation a déjà remis aux émissaires de Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, un dossier détaillant les incursions et tirs d’artillerie imputés à Tsahal. Pour Beyrouth, ces négociations ne peuvent aboutir sans un arrêt préalable des hostilités et une reconnaissance explicite de ses frontières. Israël, de son côté, voit dans ces pourparlers une opportunité de consolider sa sécurité au nord et de normaliser des relations sans préconditions, mais refuse de lier le dialogue à un cessez-le-feu total.
La communauté internationale observe ces tractations avec une attention mêlée d’inquiétude. L’Union européenne, à travers la France et l’Italie, traditionnellement impliquées dans la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), redoute que ces discussions ne soient vidées de leur substance par la persistance des affrontements. Les capitales francophones d’Afrique, notamment Rabat et Dakar, qui entretiennent des liens étroits avec Beyrouth, pressent pour une désescalade régionale. Quant à Ottawa et Bruxelles, ils insistent sur le respect du droit humanitaire et le retour des populations déplacées dans le sud du Liban.
L’enjeu immédiat dépasse la simple tenue d’une troisième réunion. Si les États-Unis parviennent à organiser une rencontre Aoun-Netanyahou, celle-ci marquerait une première historique, mais au risque de légitimer un statu quo militaire que le Liban juge intolérable. À l’inverse, l’échec des pourparlers pourrait raviver les tensions à la frontière et compromettre les fragiles équilibres régionaux, alors que le Hezbollah, affaibli mais toujours acteur de l’ombre, guette la moindre faille. La suite dépendra de la capacité de Washington à imposer un gel des hostilités, condition sine qua non pour que le dialogue ne reste pas une simple formalité diplomatique.
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