
Zones pilotes au Liban : Washington tente le désarmement sous haute tension
Le plan de Washington pour désarmer le Hezbollah via des « zones pilotes » se heurte au refus du mouvement chiite, ravivant le spectre d’une guerre civile au Liban.
L’accord conclu le 4 juin à Washington entre les délégations libanaise et israélienne, sous l’égide américaine, marque une étape inédite dans le long conflit qui les oppose. Pour la première fois, les deux parties s’engagent publiquement à ce qu’aucune « intention hostile » ne soit nourrie de part et d’autre, et affirment la nécessité de désarmer les « entités armées illégales » – une référence à peine voilée au Hezbollah. Cette percée diplomatique, obtenue après une nouvelle escalade des violences, est toutefois tempérée par la méfiance et les obstacles sur le terrain.
Au cœur du dispositif figurent les « zones pilotes », un concept promu par Washington pour tester la capacité de l’État libanais à rétablir son monopole de la violence légitime. Dans ces périmètres, seule l’armée libanaise serait autorisée à porter les armes, et aucun autre groupe – en premier lieu le Hezbollah – ne pourrait y maintenir de présence armée. Un général libanais à la retraite, Bassam Yassine, cité par la presse iranienne, décrit un mécanisme en plusieurs phases : déploiement de l’armée, inspections, confiscation des armes non étatiques. Mais le Hezbollah a d’ores et déjà rejeté ce plan, conditionnant toute discussion à un retrait israélien total du territoire libanais.
La perspective d’un désarmement forcé fait craindre le pire à de nombreux observateurs. Un ancien haut responsable du Pentagone, le général Mark Kimmitt, confie à un quotidien beyrouthin sa peur d’une « guerre civile » si une telle opération était imposée sans l’accord du Hezbollah, soulignant que ni Washington ni Téhéran n’ont pour l’heure atteint leurs objectifs stratégiques dans la région. La presse libanaise proche du courant du 14-Mars voit dans cette résistance du « parti de Dieu » le principal écueil : le Hezbollah refuse catégoriquement de négocier avec Israël, rendant tout progrès tributaire d’un changement de rapport de force.
Consciente de la fragilité de l’édifice, l’administration américaine multiplie les consultations pour aider Beyrouth à mettre en œuvre l’accord sans déclencher de chaos interne. La crainte de troubles est d’autant plus vive que le Hezbollah conserve une large assise populaire et une capacité de mobilisation intacte. Si le président libanais a obtenu de Donald Trump la promesse que les frappes israéliennes épargnent la banlieue sud de Beyrouth, en échange d’une retenue du Hezbollah sur la frontière, cet équilibre reste précaire. Un incident pourrait à tout moment faire voler en éclats le cessez-le-feu tacite et remettre en cause le processus.
À moyen terme, la mise en œuvre des zones pilotes sera un test pour la souveraineté de l’État libanais et pour la crédibilité de la médiation américaine. Elle engage aussi les puissances régionales, en particulier l’Iran, dont le Hezbollah est le bras armé au Levant. Sans une forme d’assentiment de Téhéran, tout désarmement unilatéral paraît voué à l’échec, tandis qu’une pression excessive risquerait d’allumer la poudrière libanaise. La communauté internationale, à commencer par la France, historiquement liée au Liban, observera avec attention ces premiers pas vers un hypothétique retour à l’autorité de l’État.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | −0.80 | critical |
| Presse iranienne et apparentée | −0.50 | critical |
L'accord entre le Liban et Israël négocié sous l'égide des États-Unis est jugé historique mais quasiment irréalisable. Un ancien haut responsable américain prévient que ni Washington ni Téhéran n'ont atteint leurs objectifs stratégiques et que le risque d'une guerre civile au Liban est réel car le Hezbollah refuse le désarmement. Les cercles décisionnels américains cherchent des moyens d'aider Beyrouth, mais la tâche paraît presque impossible.
Le Liban est prisonnier du contrôle milicien, rendant toute sortie négociée extrêmement difficile. Alors que les réunions se poursuivent sous l'égide américaine, Israël intensifie ses attaques avant chaque session et seule l'intervention du président libanais auprès de Washington a stoppé les frappes dévastatrices sur la banlieue sud de Beyrouth en échange d'une trêve du Hezbollah sur les villages frontaliers. L'accalmie temporaire ne cache pas la crise d'un État otage d'un groupe armé.
La proposition américaine de 'zones pilotes' dans le sud du Liban est une tentative d'imposer une réalité qui marginalise la résistance. Le Hezbollah, en tant que force décisive, a rejeté tout accord qui laisserait l'armée libanaise comme seule présence armée alors que l'occupation se poursuit. La résistance réaffirme que ses opérations ne cesseront pas tant que tous les occupants ne se seront pas retirés du territoire libanais.
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