
Argentine dévoile sa pré-liste pour 2026 : l'absence de Dybala marque un tournant
Lionel Scaloni a présenté les 55 joueurs présélectionnés pour la Coupe du monde, mêlant cadres de Qatar 2022 et jeunes pousses, au détriment de plusieurs champions.
L’annonce de la pré-liste argentine pour le Mondial 2026, rendue publique ce lundi par l’Association du football argentin, a immédiatement suscité des débats bien au-delà de Buenos Aires. Lionel Scaloni, sélectionneur de l’Albiceleste, a retenu 55 noms parmi lesquels ne survivront que 26 élus d’ici le 30 mai. Si Lionel Messi, Lautaro Martínez ou Julián Álvarez figurent logiquement dans cette première sélection, l’absence de Paulo Dybala, champion du monde en titre et joueur de l’AS Rome, a cristallisé l’attention. La presse sud-américaine souligne un choix tactique assumé : l’attaquant, freiné par des blessures récurrentes et un temps de jeu irrégulier, incarne les premiers sacrifices d’un renouvellement générationnel que les observateurs argentins jugent inévitable. À l’inverse, des jeunes talents comme Franco Mastantuono, Nico Paz ou Gianluca Prestianni confirment la volonté du staff d’insuffler du sang neuf sans rupture brutale avec le groupe sacré à Doha.
Cette pré-liste, la première dévoilée parmi les 48 sélections participantes, reflète aussi les équilibres géopolitiques du football mondial. La majorité des joueurs évolue en Europe, notamment dans les championnats espagnol, anglais et italien, tandis que deux représentants du Brésil – Flaco López et Agustín Giay, tous deux de Palmeiras – rappellent les liens étroits entre les deux géants sud-américains. En Afrique, où l’Algérie affrontera l’Argentine dans le groupe J, la presse maghrébine note que Scaloni mise sur une défense renforcée de huit titulaires possibles, tandis que l’Autriche et la Jordanie, autres adversaires, guettent les failles d’un effectif en mutation. Du côté de l’Europe francophone, la Belgique suit avec intérêt la trajectoire de Kevin Mac Allister, prêté à l’Union Saint-Gilloise, tandis que la présence de Gerónimo Rulli à Marseille et de Nicolás Capaldo à Hambourg illustre la dispersion des talents argentins dans des clubs de second rang européen.
Au-delà des individualités, cette pré-liste entérine un phénomène inédit pour l’Argentine : jamais autant d’entraîneurs nationaux n’avaient dirigé des sélections lors d’un même Mondial. Six techniciens argentins – dont Scaloni lui-même – seront sur les bancs de touche en Amérique du Nord, dépassant le record de cinq établi en Russie 2018. Ce chiffre témoigne de l’influence durable de l’école tactique argentine, mais aussi de la dispersion de ses cadres dans des fédérations aux moyens variés, du Venezuela à l’Arabie saoudite. Dans ce contexte, le choix des 26 pour le 11 juin prend une portée stratégique : Scaloni doit concilier la stabilité d’un groupe champion – avec des piliers comme Emiliano Martínez, Nicolás Otamendi ou Rodrigo De Paul – et l’intégration de jeunes prometteurs capables de s’adapter à un tournoi qui s’annonce physiquement exigeant.
Reste la question des deux places encore non pourvues, selon les sources proches du vestiaire. Le poste de troisième gardien semble le plus ouvert – entre Juan Musso, Walter Benítez et le jeune Santiago Beltrán – tandis qu’un milieu offensif pourrait revenir à un néophyte si l’expérience des cadres ne convainc pas totalement. Le délai du 30 mai imposé par la FIFA laisse à Scaloni le temps d’affiner ses choix lors des derniers matchs de club, mais l’ombre des blessures plane sur plusieurs éléments clés, à commencer par le latéral Marcos Acuña. Alors que l’Argentine aborde ce Mondial en tant que tenante du titre pour la première fois depuis 1990, l’équilibre entre continuité et renouveau sera scruté par les observateurs européens comme par les supporters latino-américains, conscients que la défense d’un trophée est souvent plus ardue que sa conquête.
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