
Corée du Sud : un restaurateur étoilé risque la prison pour avoir servi des fourmis en dessert
Le parquet de Séoul a requis un an d’emprisonnement et une amende contre le propriétaire d’un restaurant deux étoiles Michelin, accusé d’avoir utilisé des fourmis non autorisées comme garniture de sorbets.
Le ministère public sud-coréen a demandé, lundi, une peine d’un an de prison ferme et une amende de 20 millions de wons (environ 11 750 euros) à l’encontre du propriétaire d’un restaurant doublement étoilé de Séoul, poursuivi pour violation de la loi sur l’hygiène alimentaire. Selon plusieurs médias locaux et internationaux, le chef se voit reprocher d’avoir agrémenté un sorbet de fourmis noires séchées, une pratique interdite par la réglementation sud-coréenne qui n’autorise que dix espèces d’insectes à la consommation humaine – parmi lesquelles les sauterelles, les criquets ou les vers de farine, mais pas les fourmis.
Le restaurateur, dont l’identité n’a pas été révélée dans les documents judiciaires, a reconnu les faits tout en plaidant la bonne foi. Sa défense a souligné que les insectes ne constituaient qu’un élément marginal d’un menu dégustation en quinze services, proposé comme simple garniture optionnelle. Les clients étaient informés de la possibilité de choisir une alternative, comme des fleurs comestibles ou du vinaigre fermenté, et seuls 60 % d’entre eux auraient accepté la version aux fourmis. L’avocat a également fait valoir que l’usage culinaire des fourmis est courant dans la haute gastronomie de pays comme l’Australie, le Danemark ou le Royaume-Uni, et que le chef, formé aux États-Unis et en Europe, ignorait l’illégalité de cette pratique en Corée du Sud.
L’enquête a été déclenchée après que des inspecteurs du ministère de la Sécurité alimentaire et pharmaceutique ont repéré sur les réseaux sociaux des photos de plats saupoudrés de fourmis, publiées par des clients. Les investigations estiment que près de 49 000 fourmis, importées de Thaïlande et des États-Unis, ont été servies entre 2021 et 2025, pour un total d’environ 12 200 portions de sorbet et un chiffre d’affaires avoisinant les 120 millions de wons. Les analyses sanitaires ont par ailleurs révélé que ces insectes contenaient jusqu’à 55 fois plus de métaux lourds que les espèces comestibles homologuées, un élément aggravant retenu par l’accusation.
Au-delà du cas individuel, l’affaire met en lumière la rigueur du cadre réglementaire sud-coréen en matière d’entomophagie. Pour qu’un insecte soit autorisé, les autorités évaluent sa toxicité, sa valeur nutritionnelle, les risques sanitaires et la possibilité d’un élevage hygiénique. L’utilisation d’une espèce non listée sans autorisation temporaire expose théoriquement à une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et 50 millions de wons d’amende. Le tribunal de Séoul doit rendre son jugement le 2 septembre prochain.
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