
Wall Street clôture à des records, portée par l’espoir d’un accord sur Ormuz et des résultats solides
Le S&P 500 et le Dow Jones ont atteint de nouveaux sommets historiques mardi, tandis que les cours du pétrole chutaient après les déclarations du secrétaire au Trésor américain sur une possible réouverture du détroit stratégique.
Les principaux indices new-yorkais ont prolongé leur rebond pour la quatrième séance consécutive mardi 4 août, le Dow Jones (+1,71 %, à 54 085,94 points) et le S&P 500 (+1,79 %, à 7 736,52 points) inscrivant tous deux des records de clôture. Le Nasdaq, à forte composante technologique, a grimpé de 2,59 % pour terminer à 26 584,99 points. Cette poussée s’appuie sur deux moteurs : la perspective d’un apaisement dans le golfe Persique, qui a fait plonger les prix du brut, et une salve de résultats d’entreprises supérieurs aux attentes, en particulier dans le secteur de l’intelligence artificielle.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré sur CNBC qu’un accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz – point de passage d’un cinquième du pétrole mondial avant le conflit – pourrait être conclu « aujourd’hui ou demain ». Ces propos ont fait chuter le baril de Brent sous les 80 dollars, effaçant une partie des craintes inflationnistes et entraînant une détente des rendements obligataires (le taux à 10 ans américain est passé de 4,70 % à 4,63 %). Pour autant, la prudence reste de mise : des annonces similaires étaient déjà restées sans suite, et la situation demeure volatile, comme l’a rappelé la disparition d’un marin sur un navire touché dans le détroit. Par ailleurs, l’épuisement d’une large part des stocks de missiles de précision américains, révélé par Reuters, ravive les interrogations sur la capacité militaire à long terme.
La saison des résultats a fourni un second souffle au marché. Palantir Technologies s’est envolé de près de 30 % après avoir relevé ses prévisions de chiffre d’affaires annuel, tandis que Caterpillar, baromètre de l’économie industrielle mondiale, a gagné environ 6 % grâce à des profits meilleurs que prévu. Les valeurs liées à l’IA ont largement tiré les indices : l’indice Philadelphia des semi-conducteurs a bondi de près de 7 %, SpaceX a progressé de plus de 8 % avant la publication de son premier bilan trimestriel depuis son introduction en Bourse, et AMD a pris 7 %. Au total, 85,2 % des entreprises du S&P 500 ayant déjà publié ont dépassé les estimations, un ratio bien supérieur à la moyenne historique, et la croissance des bénéfices par action approche 50 % sur un an. En Europe, les places de Paris et Milan ont également clôturé à des niveaux inédits, tandis que Lufthansa chutait de 8 % en raison de la volatilité des coûts du kérosène.
Les indicateurs macroéconomiques du jour – 7,4 millions d’ouvertures de postes en juin, un léger ralentissement conforme aux attentes – confirment la résilience du marché du travail américain. Les investisseurs surveillent désormais la probabilité d’un relèvement des taux de la Réserve fédérale en septembre, évaluée à 63,4 % par l’outil FedWatch. Certains analystes, comme Jack Ablin chez Cresset Capital, jugent toutefois que quelques résultats trimestriels ne justifient pas à eux seuls de nouveaux records, tandis que les stratèges de Schwab soulignent que les inquiétudes sur les dépenses d’IA ne sont pas totalement dissipées. Les prochaines séances seront rythmées par les publications de SpaceX et d’AMD après la clôture, puis par le rapport mensuel sur l’emploi américain vendredi, autant de jalons susceptibles de confirmer ou d’infirmer l’élan actuel.
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Le marché boursier américain reflète la force réelle des entreprises, pas des illusions géopolitiques.
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