
Détroit d'Ormuz : Washington et ses alliés du Golfe brandissent une résolution onusienne contre Téhéran
Les États-Unis et Bahreïn soumettent au Conseil de sécurité un projet de résolution pouvant autoriser sanctions ou force contre l'Iran pour rouvrir le détroit.
C’est une manœuvre diplomatique d’une rare intensité qui s’ouvre ce mardi au Conseil de sécurité des Nations unies. Porté par les États-Unis et Bahreïn, un projet de résolution menace Téhéran de sanctions, voire d’un recours à la force, s’il ne cesse pas ses attaques contre la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz. Les échanges de tirs qui ont de nouveau éclaté lundi, rompant une trêve fragile de quatre semaines, donnent à ce texte une urgence que les chancelleries peinent à dissimuler. Pour la première fois depuis plusieurs mois, Washington – qui agissait jusqu’alors souvent en marge du multilatéralisme – sollicite un cadre onusien pour légitimer une action collective face à ce qu’elle considère comme un chantage énergétique de la part de l’Iran.
Les capitales du Golfe, de Ryad à Abou Dhabi, en passant par Koweït et Doha, ont co-signé le projet. Pour elles, la libre circulation dans cette artère vitale du commerce mondial – par où transite près d’un tiers du pétrole brut échangé par voie maritime – est une question de survie économique. Les observateurs de la région rappellent que les « péages illégaux » imposés par Téhéran aux navires, ainsi que le minage des eaux, ne menacent pas seulement l’approvisionnement énergétique des pays riverains, mais aussi celui de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique. La résolution exige que l’Iran révèle l’emplacement de toutes les mines et permette l’établissement d’un corridor humanitaire.
Du côté de Téhéran, on dénonce une provocation de plus, dans un contexte où la République islamique estime défendre ses droits souverains face à un blocus de facto imposé par les marines américaine et alliée. Les experts iraniens soulignent que la pression maximale exercée par Washington depuis des années ne laisse guère d’espace à une négociation sincère. Pékin et Moscou, qui disposent d’un droit de veto, ont déjà fait savoir par le passé qu’ils s’opposeraient à toute mesure autorisant la force contre l’Iran. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a néanmoins présenté ce vote comme un test de la pertinence même de l’ONU, espérant isoler les récalcitrants.
En Europe, la position est plus nuancée. Si Paris et Bruxelles soutiennent le principe de la liberté de navigation, ils redoutent qu’une escalade militaire ne déstabilise davantage la région et ne fasse flamber les prix des hydrocarbures, au moment où le Vieux Continent cherche à diversifier ses approvisionnements. Les pays francophones d’Afrique, fortement dépendants des importations de pétrole raffiné transitant par Ormuz, suivent de près des débats dont l’issue pourrait peser lourdement sur leurs balances commerciales. Le Canada, pour sa part, s’est rangé derrière l’initiative, tout en plaidant pour une solution diplomatique.
La route s’annonce semée d’embûches au Conseil de sécurité. L’ombre des vetos russe et chinois plane sur les négociations, tandis que l’Iran pourrait choisir de tester la crédibilité de la menace en intensifiant ses opérations dans le détroit. Mais au-delà du sort immédiat de cette résolution, c’est la question plus large de la gouvernance des voies maritimes stratégiques qui se pose. Si la diplomatie échoue, les blocus concurrents risquent de se durcir, transformant Ormuz en champ clos d’une confrontation aux conséquences mondiales.
| Presse israélienne | −0.60 | critical |
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| Presse du Golfe arabe | −0.40 | critical |
| Presse iranienne et apparentée | −0.80 | critical |
| Presse russe et CEI | −0.50 | critical |
La résolution proposée par les États-Unis est présentée comme un test crucial de la pertinence de l'ONU, avec un avertissement sévère : tout veto de la Chine ou de la Russie saperait la sécurité mondiale. Les actions iraniennes dans le détroit d'Ormuz sont décrites comme une menace immédiate et croissante pour le trafic commercial et la stabilité régionale.
Une coalition américano-golfe pousse une résolution de l'ONU menaçant l'Iran de sanctions et d'un possible recours à la force s'il ne cesse pas les attaques contre les navires, les péages illégaux et le mouillage de mines dans le détroit d'Ormuz. Le texte exige également un corridor humanitaire, présentant la sécurité du passage comme vitale pour l'énergie et le commerce mondiaux.
La résolution américano-golfe est condamnée comme un prétexte hostile pour légitimer une agression contre le droit souverain de l'Iran à sécuriser ses eaux territoriales. Le récit souligne que les mesures iraniennes relèvent de la légitime défense contre les ingérences étrangères et que l'ONU est manipulée au service de l'hégémonie américaine.
La résolution menée par les États-Unis est perçue avec un profond scepticisme comme une mesure unilatérale qui contourne la diplomatie véritable et risque d'aggraver les tensions dans le Golfe. Moscou indique que toute autorisation de recours à la force serait inacceptable, présentant le texte comme une tentative d'ancrer la présence militaire américaine sous mandat de l'ONU.
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