
La paix entre Israël et le Liban passera par le désarmement du Hezbollah, selon Rubio
Le secrétaire d’État américain juge réalisable un accord de paix, mais exige un État libanais capable de neutraliser le Hezbollah. Une position qui ravive les débats sur la souveraineté du Liban.
La déclaration de Marco Rubio depuis le bureau ovale a le mérite de la clarté : un accord de paix entre Israël et le Liban est « imminemment réalisable », mais il se heurte à un obstacle unique, « le Hezbollah », selon les termes du secrétaire d’État américain. Affirmant que Washington n’a « aucun problème avec les gouvernements des deux pays », il a exhorté Beyrouth à se doter des capacités militaires et politiques nécessaires pour démanteler la milice chiite pro-iranienne. Ces propos interviennent alors que l’armée israélienne a intensifié ses frappes sur le sud libanais et étendu son incursion terrestre, en représailles aux tirs du Hezbollah déclenchés le 2 mars, dans le sillage de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Plus de 2 700 morts ont été dénombrés du côté libanais depuis le début des hostilités, selon les autorités sanitaires locales – un tribut qui alimente un ressentiment profond dans la société libanaise.
Du côté de Beyrouth, le gouvernement, empêtré dans une paralysie politique chronique, souhaite un accord permanent avec Israël pour mettre un terme à un cycle de violences récurrent, mais évite soigneusement de qualifier cet arrangement de « traité de paix ». Israël, soutenu par Washington, exige en amont le désarmement complet du Hezbollah, une condition que la milice rejette catégoriquement au nom de la « résistance » contre l’occupation et l’agression israélienne. Dans la région, la position américaine est perçue comme un nouveau coup de semonce contre l’influence de Téhéran, dont le Hezbollah constitue le bras armé le plus puissant au Levant. L’Iran, pour l’heure, reste en retrait, mais ses relais libanais conservent une capacité de nuisance qui pourrait torpiller toute négociation.
La communauté européenne et les États francophones suivent ces développements avec une attention d’autant plus grande que le Liban entretient des liens anciens avec la France, le Canada et la Belgique, où vit une diaspora libanaise influente. Paris, qui a historiquement piloté la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies appelant au désarmement du Hezbollah et au retrait israélien, presse Beyrouth de renforcer ses institutions, tout en plaidant pour une solution diplomatique inclusive. Mais les capitales européennes mesurent les limites de leur influence face à la détermination américaine et à l’intransigeance israélienne. Au-delà des déclarations, la question centrale – celle de la souveraineté effective de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire – reste posée.
Dans cette équation, le chemin vers la paix paraît semé d’embûches. Si la fenêtre diplomatique s’entrouvre, elle exige que le Liban sorte de l’ornière politique dans laquelle il s’enfonce depuis des années, que le Hezbollah renonce à son arsenal, et qu’Israël accepte de geler ses opérations militaires – trois conditions qui relèvent aujourd’hui du pari. La mise en garde de Rubio, qui affirme que la paix « devrait avoir lieu », sonne autant comme un encouragement que comme une injonction. Reste à savoir si les protagonistes, régionaux et locaux, sont prêts à saisir cette occasion, ou si le Liban demeurera, une fois de plus, l’otage des rapports de force qui le dépassent.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | +0.30 | aligned |
| Presse israélienne | +0.50 | aligned |
| Presse iranienne et apparentée | −0.80 | critical |
Le secrétaire d'État américain affirme que la paix est proche, mais ses propos trahissent une insistance paternaliste : le Liban doit démanteler le Hezbollah. Un scepticisme entoure le récit américain, qui occulte la présence militaire israélienne au sud et la présente comme une simple riposte. La possibilité d'un accord est reconnue, mais le véritable obstacle semble être le déséquilibre dans le traitement de la souveraineté libanaise.
L'administration américaine considère qu'un accord de paix entre Israël et le Liban est réalisable dans un avenir proche, à condition que le Hezbollah soit démantelé. Le principal obstacle n'est pas les deux États, mais le groupe armé, auquel un gouvernement libanais capable doit faire face. Le ton est pragmatique, aligné sur la vision de Washington selon laquelle le Hezbollah est le problème central.
Le secrétaire d'État américain a confirmé que la paix avec le Liban est à portée de main et que le Hezbollah est le seul obstacle. Les opérations militaires israéliennes sont présentées comme des réponses nécessaires à des décennies d'attaques, et la voie à suivre exige un gouvernement libanais assez fort pour désarmer la milice. Le cadrage est optimiste et axé sur la sécurité, reflétant les intérêts israéliens.
Les dernières déclarations de Washington sont une tentative flagrante de blâmer la résistance libanaise pour le conflit, tout en blanchissant l'occupation et l'agression israéliennes. Les États-Unis font pression sur le Liban pour désarmer le Hezbollah, la seule force capable de défendre le pays contre l'expansionnisme sioniste. Ce récit dénonce l'hypocrisie américaine et son projet de longue date de dominer la région.
Élargis ton regard
Iran et Oman finalisent un accord temporaire sur le détroit d’Ormuz, Washington sous pression
4 langues · 30 sources
Depuis Economy & MarketsProvisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
2 langues · 6 sources
Depuis TechnologyMoscou encadre les SMS d'authentification des SIM d'enfants, sans interdire les réseaux sociaux
1 langue · 13 sources