
Disparition en jet-ski au Brésil : un gilet retrouvé en mer relance les investigations
Le sauvetage miraculeux d’une jeune femme après 42 heures à la dérive contraste avec la disparition de son compagnon, dont un gilet de sauvetage vient d’être repêché, suscitant un espoir teinté d’angoisse.
La découverte, mercredi 27 mai, d’un gilet de sauvetage flottant au large d’Ilhabela, dans l’État de São Paulo, a relancé un drame qui tient le Brésil et une partie de l’Amérique du Sud en haleine. L’objet, « vraisemblablement appartenant » à Dheoge Pereira Bernardino, 28 ans, disparu le dimanche précédent lors d’une sortie en moto aquatique, a été repéré par la Marine brésilienne non loin de l’endroit où sa compagne, Bruna Damaris Sant’anna da Silva, avait été retrouvée vivante la veille, après quarante-deux heures passées à dériver. Les coordonnées de la trouvaille, en haute mer, correspondent à l’axe entre l’île de Búzios et la côte continentale, zone où les courants auraient pu disperser tout indice, ce qui confère à cette découverte un caractère à la fois tangible et cruellement ambigu.
L’équipée tragique avait débuté dimanche après-midi lorsque le couple, participant à une fête sur un bateau, s’était éloigné seul sur un jet-ski. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, que la famille attribue au disparu, montre une conduite dynamique, avec des virages marqués, dont l’analyse par un instructeur nautique local souligne la maîtrise mais aussi les risques inhérents à ces engins en mer ouverte. La région d’Ilhabela, destination prisée du tourisme paulista, est réputée pour ses eaux imprévisibles et ses courants violents, particulièrement en cette période de fin d’automne austral. Peu après la disparition, la Marine a émis un avis de vigilance à toutes les embarcations, leur demandant de redoubler d’attention pour repérer d’éventuels naufragés en surface.
C’est d’ailleurs une embarcation de pêche artisanale qui a sauvé Bruna Damaris. Mardi matin, trois pêcheurs d’Ubatuba – un père, son fils et leur chienne – ont aperçu une silhouette affaiblie agitant les bras. « Confuse, frigorifiée, réclamant de l’eau », selon le récit publié par la presse argentine, qui a largement relayé ce « miracle » en mer, la jeune femme de 26 ans souffrait d’hypothermie sévère mais portait toujours son gilet de sécurité. Son sauvetage, qualifié d’extraordinaire par les autorités, contraste fortement avec le sort de son compagnon, dont le corps n’a toujours pas été retrouvé. Les médias brésiliens, de CNN Brasil à G1, ont insisté sur l’état de santé critique de la rescapée et sur l’intensification des opérations de recherche, coordonnées conjointement par les pompiers maritimes et la Marine.
Au-delà du drame humain, l’affaire met en lumière les lacunes de la régulation des activités nautiques de loisir au Brésil, un pays doté de plus de 7 000 kilomètres de côtes. Si le port du gilet est obligatoire, les contrôles restent aléatoires et les jet-skis, souvent loués sans formation approfondie, exposent les vacanciers à des risques mortels. Pour les observateurs sud-américains, ce fait divers touche à une corde sensible : il rappelle que l’immensité maritime peut broyer les destins individuels en quelques heures. Alors que les recherches se poursuivent, l’espoir s’amenuise, mais la découverte du gilet empêche de refermer le dossier. Dans les prochaines marées, la Marine continuera de ratisser la zone, tandis que les proches oscillent entre deuil anticipé et attente d’un signe.
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