
RDC : l'OMS alerte sur une « collision catastrophique » entre Ebola et les combats
Face à une souche sans vaccin ni traitement, Tedros Ghebreyesus réclame une trêve. Déjà 223 morts suspects et 900 cas, alors que le conflit entrave le traçage et isole les malades.
L’appel lancé mercredi par Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, a retenti comme un cri d’alarme : « Nous ne pouvons pas établir la confiance des communautés ni isoler les malades sous les bombes. » L’est de la République démocratique du Congo est le théâtre d’une « collision catastrophique » entre une épidémie d’Ebola et un conflit armé qui couve depuis près de trente ans. Depuis la déclaration officielle de l’épidémie par Kinshasa le 15 mai, les autorités sanitaires ont enregistré 906 cas suspects, dont 223 décès, mais seuls 105 contagions et 10 morts ont été confirmés en laboratoire sur les 295 échantillons analysés. La souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement n’est homologué, a été identifiée.
La flambée se propage à travers treize zones sanitaires des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, un territoire en proie à une multitude de groupes armés. Les médias espagnols soulignent le rôle du Mouvement du 23 mars, soutenu par le Rwanda, et des Forces démocratiques alliées, une milice islamiste, qui perturbent le traçage des contacts et les évaluations sur le terrain. En contrepoint, la presse africaine met l’accent sur le climat de défiance envers l’État congolais : à Mongbwalu, au cœur de l’Ituri, orpailleurs et motocyclistes continuent de circuler, propageant le virus au‑delà des frontières – plusieurs cas ont déjà été détectés en Ouganda. Les journaux arabophones et lusophones relaient la même inquiétude : le nombre réel de contaminations pourrait être bien plus élevé, les zones tenues par les milices échappant à toute surveillance épidémiologique.
Sur le terrain, la riposte accuse des semaines de retard. Une enquête menée conjointement par l’OMS et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, citée par la presse anglophone depuis Londres et Nairobi, révèle que des milliers de cas contacts n’ont pu être recensés. Les financements manquent, les routes sont impraticables et les humanitaires redoutent les violences interethniques entre Hema et Lendu, attisées par la rivalité pour le contrôle des ressources minières. Aux États‑Unis, on rapporte que des citoyens américains exposés au virus seront transférés au Kenya pour observation, signe que l’épidémie commence à inquiéter bien au‑delà de la région des Grands Lacs.
L’OMS a déclaré l’épidémie urgence de santé publique de portée internationale, mais sans une pause des combats, les experts redoutent une propagation incontrôlable vers le Soudan du Sud, le Rwanda ou la Centrafrique. Pour Paris et Bruxelles, qui entretiennent des liens historiques étroits avec Kinshasa, l’heure est à une pression diplomatique renouvelée sur Kigali afin d’obtenir le retrait du M23 et de rétablir un minimum de sécurité sanitaire. Faute de quoi, l’épidémie pourrait devenir le symptôme le plus aigu d’un État congolais incapable d’exercer sa souveraineté sur ses marges orientales, menaçant la stabilité de toute l’Afrique centrale.
| Presse africaine subsaharienne | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | −0.50 | critical |
| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
Dans l'épicentre de l'épidémie, de nombreux habitants oscillent entre la critique de la réponse de l'État et le déni pur et simple de l'existence d'Ebola. Des décennies de négligence et de conflit ont engendré une méfiance profonde, tandis que les chercheurs d'or et les commerçants continuent de circuler dans la région, compliquant l'endiguement.
La riposte internationale à l'épidémie d'Ebola accuse des semaines de retard et passe à côté de milliers de contacts potentiels. La méfiance, la violence armée et les déficits de financement chroniques entravent l'endiguement, laissant les responsables sanitaires peiner à tracer la propagation.
L'OMS prévient qu'il est impossible d'isoler les malades pendant que les bombes tombent et appelle à une trêve immédiate dans l'est du Congo. L'épidémie entre en collision avec le conflit armé, perturbant le traçage et la riposte dans la région du Kivu.
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