
Giro d'Italie : une cascade de chutes en Bulgarie élimine trois favoris en deux jours
Les routes bulgares, détrempées, ont provoqué deux accidents massifs qui ont contraint Adam Yates, Jay Vine et Santiago Buitrago à l'abandon.
Le Giro d’Italia 2026, qui devait couronner ses héros à Rome, connaît un début de cauchemar sur les routes bulgares. Pour la deuxième journée consécutive, une chute collective a décimé le peloton, contraignant trois coureurs majeurs à l’abandon : le Britannique Adam Yates, l’Australien Jay Vine et le Colombien Santiago Buitrago. Le scénario s’est répété sur les 221 kilomètres entre Bourgas et Veliko Tarnovo, puis lors de la troisième étape reliant Plovdiv à Sofia, où une nouvelle confusion dans le groupe a provoqué un effet domino. Les images, glaçantes, montrent des vélos projetés en l’air et des coureurs heurtant les glissières de sécurité sur un asphalte rendu glissant par la pluie.
Du côté britannique, Adam Yates, leader potentiel de l’UAE Team Emirates XRG, a été victime d’une commotion cérébrale et d’une lacération à l’oreille gauche après avoir percuté une barrière à pleine vitesse. Il avait pourtant terminé l’étape précédente, le maillot taché de sang, mais les examens médicaux ont imposé son retrait. Son coéquipier australien Jay Vine, lui, souffre d’une fracture du coude et d’une commotion : il a déjà été victime de trois chutes en treize jours de course cette saison, et n’avait que récemment retrouvé l’usage de ses jambes après un accident au Pays basque en 2022. La délégation colombienne, très attendue sur ce Giro, a perdu Santiago Buitrago (Bahrain Victorious), impliqué dans la deuxième chute massive alors qu’il restait 23 kilomètres. Le coureur de Bogota faisait partie des espoirs latino-américains pour le classement général.
Au-delà des destins individuels, c’est la sécurité même de l’épreuve qui interroge. Les équipes européennes, notamment françaises et belges, n’ont pas caché leur colère : la pluie, les descentes étroites et l’absence de protection adéquate sur certains virages ont transformé ces étapes bulgares en piège. Plusieurs directeurs sportifs ont qualifié l’organisation de « chien effrayé », incapable d’anticiper les conditions. La polémique est d’autant plus vive que le Giro, en quête de nouveaux territoires, avait choisi la Bulgarie pour son retour à l’Est après des années d’absence. Mais cette expansion géographique, si elle ouvre des marchés, expose aussi les coureurs à des infrastructures routières moins adaptées au cyclisme de haut niveau.
Que retenir pour la suite ? Le championnat italien, déjà endeuillé par ces abandons, doit désormais composer avec un peloton réduit et des favoris ébranlés. Jonas Vingegaard, protégé par son équipe, a évité les chutes, mais la tension monte. Les instances dirigeantes devront, sous la pression des coureurs et des syndicats, revoir les protocoles de sécurité pour les étapes excentrées. L’avenir du Giro hors d’Italie, et en particulier dans les Balkans, se joue aussi sur cette question : l’audace géographique ne doit pas se payer au prix du sang.
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