
L’Iran assouplit ses conditions pour relancer les négociations avec Washington
Téhéran a transmis à Islamabad, par l’entremise de ses médiateurs pakistanais, une nouvelle proposition visant à débloquer les pourparlers avec les États-Unis. Selon des informations concordantes, le régime iranien aurait assoupli ses exigences préalables : il n’exige plus la levée totale du blocus américain de ses ports avant toute discussion, mais propose désormais d’aborder simultanément la réouverture du détroit d’Ormuz, toujours soumis à un double embargo depuis le cessez-le-feu du 8 avril. En contrepartie, Téhéran demande des garanties sur l’arrêt des frappes américaines et un allégement des sanctions, tout en acceptant de négocier son programme nucléaire dans un second temps. Un geste qui a immédiatement fait baisser le prix du pétrole Brent sous les 110 dollars le baril, signe de l’apaisement attendu sur les marchés internationaux.
Ce revient tactique intervient alors que les précédentes tractations, également facilitées par le Pakistan, étaient dans l’impasse. Les deux parties campaient sur leurs positions : l’Iran bloquait le détroit d’Ormuz, les États-Unis verrouillaient ses ports. Aucun progrès significatif n’avait été enregistré, et un nouveau round de discussions avait même été annulé. L’administration américaine exigeait, selon des fuites diplomatiques, que l’Iran cesse toute activité d’enrichissement et n’exporte pas l’uranium issu de ses sites détruits. De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a réaffirmé que « la fin de la guerre et une paix durable » restaient les priorités de toute négociation.
Du côté des médiateurs pakistanais, l’optimisme est mesuré mais palpable. Islamabad, qui joue les intermédiaires depuis des semaines, voit dans cette nouvelle offre une fenêtre de compromis. Pour les capitales européennes, particulièrement dépendantes des approvisionnements énergétiques via Ormuz, toute désescalade est une bouffée d’oxygène. La Belgique et la France, qui importent une part non négligeable de leur gaz via ce corridor, suivent de près ces développements, tout comme les pays africains importateurs de pétrole, fragilisés par l’envolée des cours. Le Canada, bien que producteur, s’inquiète des tensions géopolitiques sur ses alliés européens.
Reste à savoir si Washington acceptera de s’engager sur le calendrier proposé par Téhéran, qui évoque une nouvelle session au Pakistan dès la semaine prochaine. L’écart demeure important sur le dossier nucléaire, mais l’assouplissement iranien ouvre une brèche. L’enjeu, pour les médiateurs, sera de transformer ce signe en un accord partiel qui pourrait, à terme, rétablir la liberté de navigation dans le détroit et calmer une région au bord de l’embrasement depuis des mois.
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