
L’Irlande ferme ses portes aux ministres israéliens Ben Gvir et Smotrich et bouscule la scène européenne
Dublin interdit l’entrée à Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, accusés de promouvoir l’élimination des Palestiniens, et relance le débat sur des sanctions à l’échelle de l’Union européenne.
L’annonce irlandaise, distillée depuis le sommet Union européenne–Balkans occidentaux de Tivat, au Monténégro, a pris de court plus d’une chancellerie. Le Premier ministre Micheál Martin a confirmé que son ministre de la Justice venait d’interdire l’accès du territoire aux deux ministres israéliens Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, dont les déclarations et les actes « équivalent à un désir de voir l’élimination des Palestiniens de Palestine ». Cette décision, qui s’inscrit dans la continuité des prises de position très critiques de Dublin, cite explicitement le traitement infligé aux militants de la flottille de solidarité avec Gaza, et la rhétorique de plus en plus ouvertement annexionniste des deux hommes.
L’Irlande rejoint ainsi une liste de pays qui, depuis plusieurs mois, ont pris des mesures similaires. Selon le quotidien israélien Haaretz, il s’agit du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, du Canada, des Pays-Bas, de l’Espagne et de la Slovénie. Mais le média algérien Echorouk y ajoute la France, dans une énumération qui ne manque pas d’interroger sur la position réelle de Paris, d’ordinaire plus mesurée. L’écart entre ces listes, loin d’être anodin, illustre les fractures européennes sur le dossier israélo-palestinien, au moment où Dublin s’efforce de porter au niveau de l’Union des sanctions coordonnées contre les deux responsables de l’extrême droite israélienne.
Les profils de Ben Gvir et Smotrich contribuent à durcir le regard international. Le premier, chef du parti Pouvoir juif, avait menacé de faire échouer tout accord de cessez-le-feu avec l’Iran, et s’est illustré par le harcèlement des militants de la flottille « Global Sumud ». Le second, ministre des Finances, défend sans fard une annexion des territoires et le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza. La presse bengalie, par la voix de Prothom Alo, s’interroge : ces outrances sont-elles l’expression d’une frange marginale ou le dévoilement du véritable visage d’Israël ? Au Ghana, le Ghana Report rappelle que les appels à l’annexion ont provoqué des condamnations unanimes des organisations de défense des droits humains.
Ces interdictions de territoire, encore largement symboliques, traduisent pourtant une exaspération grandissante d’une partie de la communauté internationale face à l’inaction prolongée. En poussant pour des mesures au niveau européen, l’Irlande met l’Union face à ses contradictions, entre les déclarations de principes et la realpolitik. La cristallisation autour de figures aussi clivantes que Ben Gvir et Smotrich pourrait, à terme, précipiter une redéfinition des équilibres diplomatiques sur la question palestinienne, surtout si d’autres capitales de poids se joignent au mouvement.
| Presse israélienne | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.60 | aligned |
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.70 | critical |
| Presse africaine subsaharienne | −0.20 | neutral |
L'interdiction de voyage imposée par l'Irlande à deux ministres israéliens est perçue comme une escalade diplomatique isolant Israël, mais critiquée comme une attaque injuste contre des responsables qui expriment les inquiétudes sécuritaires de nombreux Israéliens. Cette décision s'inscrit dans une campagne européenne plus large visant à délégitimer le droit d'Israël à l'autodéfense.
L'Irlande s'ajoute à la liste des pays qui interdisent l'entrée aux ministres extrémistes, une décision accueillie avec satisfaction comme reconnaissance de leur incitation au nettoyage ethnique. L'isolement croissant de ces figures est célébré comme une victoire pour la cause palestinienne et la preuve que le monde prend au sérieux leur rhétorique génocidaire.
L'interdiction frappant les deux ministres consolide l'image d'un Israël irrémédiablement marqué par l'extrémisme juif, trahissant les valeurs démocratiques. La question se pose de savoir si ces dirigeants ne sont qu'une frange radicale ou s'ils incarnent désormais le vrai visage de l'État juif, dévoilant son projet d'expansion territoriale et de nettoyage ethnique.
La décision irlandaise est présentée comme une réponse morale aux politiques de déplacement forcé et aux provocations contre les militants de la paix. Sur un ton factuel, les comptes rendus soulignent un consensus international croissant pour juger inacceptables les positions de ces ministres extrémistes.
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