
Deux militants de la flottille Sumud restent détenus en Israël, Madrid et Brasília montent au créneau
Un tribunal israélien a prolongé de deux jours, ce dimanche 3 mai, la détention de Saif Abukeshek et Thiago Ávila, les deux activistes de la flottille humanitaire Global Sumud arrêtés en Méditerranée par la marine israélienne. Le juge d’Ashkelon a ainsi réduit de moitié la demande du parquet, qui réclamait quatre jours supplémentaires au motif de « liens avec le Hamas » et d’« aide à l’ennemi en temps de guerre ». Les deux hommes, un Palestinien naturalisé espagnol et un Brésilien, comparaissaient entravés, le visage tuméfié, après avoir entamé une grève de la faim pour dénoncer les violences subies lors de leur transfert de Crète vers une prison israélienne. Leurs avocats évoquent des passages à tabac et un isolement total, en violation du droit international.
L’affaire embrase désormais la scène diplomatique. Madrid a convoqué le chargé d’affaires israélien, le chef du gouvernement Pedro Sánchez qualifiant ouvertement l’interception de « kidnapping » et exigeant la libération immédiate de son ressortissant. Brasília s’est jointe à cette mise en demeure, tandis que Rome, dont battait pavillon l’un des navires arraisonnés en eaux internationales, se retrouve assignée devant la Cour européenne des droits de l’homme par l’équipe juridique de la flottille. La Grèce, de son côté, a joué un rôle ambigu : après avoir accueilli les 173 autres activistes libérés, elle a refusé de s’opposer au transfert forcé des deux dirigeants vers Israël, suscitant des critiques dans les milieux humanitaires.
Au-delà du sort immédiat des deux prisonniers, l’épisode révèle la fragilisation persistante du droit de la mer face à la politique de blocus de Gaza. Les organisateurs de la flottille, loin de renoncer, annoncent une nouvelle tentative imminente, renforcée par des bateaux supplémentaires venus de Turquie et de Grèce. L’appel à suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, lancé par Sánchez, gagne du terrain dans les chancelleries francophones – y compris à Ottawa et à Bruxelles, où l’on suit avec attention les recours engagés. Alors que le tribunal d’Ashkelon doit se prononcer à nouveau mardi, la détention de ces deux militants pourrait bien cristalliser un tournant dans le rapport de forces juridique et politique autour de l’acheminement de l’aide vers la bande de Gaza.
Élargis ton regard
Trump suspend les frappes contre l’Iran, en attendant un accord rapide
7 langues · 74 sources
Depuis Economy & MarketsMexique : le PIB bondit de 1,5 % au deuxième trimestre, son meilleur élan depuis 2020
1 langue · 18 sources
Depuis TechnologyGIIAS 2026 : la citadine électrique Chery Q enregistre 6 000 commandes, bousculant le marché indonésien
1 langue · 15 sources