
La hausse de la TVA en Russie ébranle les marchés publics et le commerce électronique
Alors que Moscou s’apprête à relever le taux de la taxe sur la valeur ajoutée de 20 à 22 % à compter de 2026, deux dossiers distincts mais tout aussi sensibles révèlent les tensions qui traversent l’économie russe sous sanctions. D’un côté, le ministère des Transports a préparé un projet de décret permettant de renégocier les contrats publics de réparation et d’entretien des routes fédérales signés avant le 1er janvier 2026, afin d’en ajuster les prix à la hausse. Cette mesure, qui inclut une recommandation aux régions pour qu’elles fassent de même sur leurs propres voiries, vise à éviter l’effondrement des entreprises de travaux publics, déjà étranglées par l’inflation et les pénuries de matériaux.
De l’autre côté, le commerce électronique transfrontalier est au cœur d’une vive controverse entre l’exécutif et les acteurs du secteur. L’Association des représentants du commerce électronique (APET) a saisi le Premier ministre Mikhaïl Michoustine pour s’opposer à l’entrée en vigueur immédiate, prévue en 2027, d’une TVA de 22 % sur tous les biens importés, comme le souhaite le ministère de l’Industrie et du Commerce. L’APET soutient au contraire la proposition plus progressive du ministère des Finances, qui étalerait la hausse jusqu’en 2029, afin d’éviter un choc des prix de 15 à 25 % sur les plateformes numériques.
Les entrepreneurs redoutent un effondrement du trafic sur les marketplaces, une fuite des consommateurs vers des circuits non régulés – canaux Telegram, ventes de particulier à particulier – et, paradoxalement, un renforcement de la position des vendeurs chinois, mieux armés pour absorber une telle charge fiscale. Du côté européen, cette réforme est suivie avec attention : les exportateurs de l’Union, notamment ceux de la zone francophone – France, Belgique – qui écoulent encore des produits de luxe ou agroalimentaires via les places de marché russes, pourraient voir leur accès se réduire drastiquement si la taxe est appliquée brutalement. Les observateurs économiques russes soulignent que ces deux débats illustrent un dilemme plus large : comment concilier le besoin de recettes budgétaires, accru par l’effort de guerre, avec la nécessité de préserver un tissu entrepreneurial déjà fragilisé par l’isolement financier et la fuite des capitaux.
La voie choisie par le Kremlin – graduelle ou immédiate – déterminera non seulement la santé des infrastructures routières et des marketplaces, mais aussi la capacité de la Russie à maintenir une forme de normalité économique dans un contexte de sanctions toujours plus serrées. La décision, attendue dans les prochains mois, pourrait également influencer les politiques fiscales de ses partenaires eurasiens, qui observent Moscou comme un laboratoire de résilience autoritaire en temps de guerre commerciale.
Élargis ton regard
Trump suspend les frappes contre l’Iran, en attendant un accord rapide
2 langues · 74 sources
Depuis Economy & MarketsMexique : le PIB bondit de 1,5 % au deuxième trimestre, son meilleur élan depuis 2020
1 langue · 18 sources
Depuis TechnologyGIIAS 2026 : la citadine électrique Chery Q enregistre 6 000 commandes, bousculant le marché indonésien
1 langue · 15 sources