
La repentance tardive de Tucker Carlson : un séisme dans l'écosystème trumpiste ?
Le revirement est aussi brutal que spectaculaire. L’ancien animateur vedette de Fox News, Tucker Carlson, a publiquement exprimé ses remords pour avoir soutenu Donald Trump, lors d’un podcast diffusé cette semaine. Accusant le président américain d’être devenu « mégalomane » et « destructeur », notamment en raison de la guerre contre l’Iran, Carlson a confessé être « tourmenté » par son rôle dans l’ascension de Trump, allant jusqu’à présenter ses excuses à ses auditeurs pour les avoir « induits en erreur ».
Rarement un pilier de la machine médiatique conservatrice n’était allé aussi loin dans l’autocritique. Aux États-Unis, l’onde de choc est considérable. Les commentateurs progressistes, tout en relevant l’ironie d’une telle révision, rappellent que Carlson a bâti sa carrière sur un discours xénophobe et raciste, contribuant à légitimer les pires excès du trumpisme.
Sa volte-face, jugée opportuniste par certains, intervient alors que la cote de popularité de Trump s’effondre et que Fox News elle-même semble amorcer une prudente distance. En Europe, l’événement est lu comme la manifestation d’une fracture irréversible au sein du mouvement MAGA. La presse germanophone et italienne souligne que Carlson, en se posant en gardien de la « véritable » base trumpiste, désigne désormais le président comme un traître à la cause populiste.
Ce faisant, il rejoint d’autres figures radicales qui, tout en rejetant Trump, n’en défendent pas moins le socle idéologique qu’il a incarné. Dans les rédactions francophones, notamment au Canada et en Belgique, l’analyse insiste sur le caractère paradoxal de cette repentance : en reconnaissant avoir trompé son public, Carlson ne fait que révéler la mécanique manipulatrice qui a permis l’essor de l’extrême droite américaine. La question qui demeure est celle de la sincérité et de l’effet réel de ce retournement.
Carlson, désormais acteur d’un média alternatif, cherche peut-être moins à se racheter qu’à capter une audience déçue par Trump tout en préservant son influence. Son mea culpa, aussi retentissant soit-il, pourrait bien être le dernier soubresaut d’un système médiatique qui a depuis longtemps cessé de distinguer le vrai du faux. La suite dira si cette autocritique ouvre la voie à une recomposition du camp nationaliste ou si elle n’en est que la parodie la plus aboutie.
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