
Les bijoux de Zapatero estimés à 1,3 million d’euros : l’ex-premier ministre espagnol face à des poursuites pour fraude fiscale
La découverte d’un collier de diamants et d’émeraudes dans son bureau plonge l’ancien dirigeant socialiste dans une tourmente judiciaire inédite, entre trafic d’influence présumé et soupçons de contrebande.
L’étau judiciaire se resserre autour de José Luis Rodríguez Zapatero. L’ancien président du gouvernement espagnol, déjà mis en examen pour trafic d’influence dans l’affaire Plus Ultra, voit désormais s’ajouter des accusations de fraude fiscale et de contrebande. La justice espagnole a révélé que les bijoux saisis dans le coffre-fort de son bureau ont été expertisés par la joaillerie madrilène Ansorena : leur valeur totale atteint 1,3 million d’euros, avec en pièce maîtresse un collier en or blanc « serti de diamants » et d’émeraudes de Zambie, estimé à 278 000 euros. Luis Arroyo, porte-parole de l’ex-chef du gouvernement, a présenté des excuses publiques pour avoir « induit en erreur » sur la valeur réelle de ce trésor, initialement minimisée. Le juge José Luis Calama a ouvert une enquête séparée pour fraude fiscale et contrebande, soupçonnant que ces joyaux aient été importés sans acquitter les droits de douane et les taxes correspondants.
La presse espagnole souligne l’ironie politique de cette affaire : Zapatero, qui a fait campagne aux côtés de l’ex-ministre des Finances María Jesús Montero pour « défendre le public », se retrouve accusé de ne pas avoir déclaré un patrimoine d’une valeur considérable. Les médias italiens y voient un séisme sans précédent depuis la fin du franquisme, un ancien chef de gouvernement étant confronté à un éventail d’accusations aussi large. La presse française rapporte que l’ex-premier ministre, figure historique de la gauche espagnole, est soupçonné de ne pouvoir « justifier le paiement des droits de douane, des taxes spéciales ou des impôts associés à l’importation » de ces bijoux. Le dossier américain, transmis par les services d’enquête du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (HSI) après cinq ans de sommeil, a accéléré la mise en cause de Zapatero, soulevant des interrogations sur le calendrier de ces révélations.
Parallèlement, l’offensive politique s’intensifie. Le Parti populaire (PP) a convoqué la procureure générale de l’État, Teresa Peramato, devant la commission de la Justice du Sénat pour qu’elle rende compte des contacts entre la « fontainière » Leire Díez et la hiérarchie du parquet. Dans une autre affaire, le juge Santiago Pedraz a cité à comparaître le 25 juin l’avocat de l’ex-dirigeant socialiste Santos Cerdán, Jacobo Teijelo, pour des délits présumés de révélation de secrets, de corruption et d’atteinte aux institutions de l’État. Ces multiples fronts judiciaires, que la presse espagnole qualifie de « corruption du sanchisme », érodent la base électorale socialiste : deux millions d’électeurs auraient quitté le PSOE.
Les interrogatoires des 17 et 18 juin seront déterminants. Le juge Calama examine si les bijoux peuvent être régularisés par une simple amende, mais les experts espagnols estiment que la gravité des faits exclut cette voie. L’ancien président continue de nier toute irrégularité et promet de fournir toutes les explications requises. Au-delà du sort personnel de Zapatero, c’est la crédibilité de la justice espagnole et la stabilité de la coalition gouvernementale de Pedro Sánchez qui sont en jeu, dans un climat où la corruption devient une arme politique majeure.
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