
MotoGP : le coup de sang de Bezzecchi relance totalement la course au titre
Suspendu pour avoir frappé un commissaire, l’Italien voit son avance fondre ; Marc Marquez engrange une deuxième victoire consécutive.
Le Grand Prix de République tchèque, disputé ce dimanche à Brno, a livré un verdict sans appel : Marc Marquez, sur Ducati officielle, s’impose pour la deuxième fois d’affilée après la Hongrie, et relance spectaculairement ses ambitions de conserver sa couronne mondiale. Parti cinquième, l’Espagnol a patiemment attendu son heure derrière Francesco Bagnaia, avant de le dépasser au seizième des vingt-et-un tours pour filer vers une victoire maîtrisée, malgré la pression du Japonais Ai Ogura, deuxième. Bagnaia, en tête durant la première moitié de la course, a dû se contenter de la troisième place, victime d’une dégradation de ses pneumatiques. La course a aussi été marquée par les abandons précoces, à commencer par celui du Français Fabio Quartararo dès le premier tour, et par la casse mécanique du jeune Pedro Acosta, privé d’un top 5 certain.
Mais l’événement du week-end restera la suspension du leader du championnat, Marco Bezzecchi. Le pilote Aprilia, tombé lors de la course sprint de samedi, s’en est pris physiquement à un commissaire de piste qui tentait de relever sa moto, lui assénant une gifle sous le coup de la frustration. La sanction est tombée dans la soirée : exclusion de l’épreuve dominicale. Malgré un appel rejeté de son équipe, Bezzecchi a tenu à présenter des excuses en larmes, en personne et sur les réseaux sociaux, reconnaissant un geste « inexcusable ». La presse italienne, d’ordinaire indulgente avec ses pilotes, a unanimement condamné cet écart, tandis que les médias asiatiques y voient l’illustration d’une pression intenable pour le champion, désormais talonné au classement.
Car pendant que Bezzecchi restait bloqué à 180 points, son coéquipier Jorge Martin, pénalisé par un double long lap pour l’accrochage de Hongrie, n’a pu faire mieux que neuvième, réduisant l’écart à seulement huit unités. Fabio Di Giannantonio, quatrième, reste en embuscade. Surtout, le retour fracassant de Marquez, qui totalise 69 points en deux week-ends, le replace en quatrième position avec 140 points, soit quarante de retard sur Bezzecchi – un gouffre naguère, un espoir aujourd’hui. La presse germanophone note que le championnat, que l’on croyait joué, est plus ouvert que jamais, à l’image des deux prochaines courses avant la trêve estivale.
Au-delà des calculs, ce Grand Prix confirme l’émergence d’Ai Ogura, premier Japonais poleman de la catégorie, et la solidité d’un plateau où cinq marques étaient représentées dans le top 10. Les observateurs francophones ne manqueront pas de relever la contre-performance des pilotes tricolores, Fabio Quartararo en tête, tandis que les médias indonésiens mettent en avant le suspense ravivé par l’absence du leader. Rendez-vous est désormais pris à Assen, aux Pays-Bas, où chaque erreur pourrait coûter cher dans une hiérarchie soudainement recomposée.
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