
Pékin veut soumettre le futur accord irano-américain au Conseil de sécurité
Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, exige que l’éventuelle cessation des hostilités soit entérinée par l’ONU, alors que les médiations pakistanaises et les négociations semblent proches d’aboutir malgré des tensions persistantes.
C’est par une exigence de légitimité onusienne que la Chine a marqué, mardi 13 mai, la dernière phase des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis. Au siège new-yorkais des Nations unies, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a estimé que tout accord destiné à mettre fin à la guerre menée par Washington et Israël contre Téhéran « sera présenté au Conseil de sécurité pour approbation, afin de bénéficier de la légitimité et de la crédibilité nécessaires ». Pékin, qui assure la présidence tournante du Conseil pour le mois de mai, entend ainsi placer l’issue du conflit sous l’autorité multilatérale, et rappelle que l’organe onusien « doit assumer ses responsabilités » en matière de paix et de sécurité internationales.
Sur le terrain diplomatique, les signaux se bousculent. Depuis Téhéran, le correspondant de la chaîne Al Jazeera décrit un processus parvenu à maturité : « Tout est fait, il ne reste plus qu’à signer ». Mais cette photographie d’un accord imminent contraste avec la fragilité de la trêve en vigueur. L’Iran accuse Washington d’avoir violé le cessez-le-feu en menant des frappes qualifiées de « défensives » contre des positions de missiles et des vedettes dans le sud du pays. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a pour sa part évoqué un délai de « quelques jours » pour boucler les discussions, tandis que la presse britannique fait état de « frustrations » à l’intérieur de la Maison Blanche.
La médiation pakistanaise, discrets catalyseurs, s’est imposée comme le canal privilégié des échanges. Le chef de la diplomatie chinoise a reçu lundi à Pékin le général Asim Munir, chef d’état-major de l’armée pakistanaise et grand ordonnateur des contacts entre Téhéran et Washington. « Pékin maintient une communication et une coordination continues avec les parties principales – États-Unis, Iran – ainsi qu’avec les partenaires régionaux et internationaux », a précisé M. Wang. La Chine défend une approche fondée sur des principes qu’elle a égrenés : respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de tous les États de la région, protection des biens civils, préservation des voies et infrastructures énergétiques, et défense du régime de non-prolifération nucléaire. Autant de balises qui, selon les observateurs européens, pourraient préfigurer le canevas d’une résolution du Conseil de sécurité.
Dans cette géopolitique de l’urgence, la manœuvre chinoise dépasse la simple facilitation. En insistant sur une validation onusienne, Pékin offre une porte de sortie honorable pour tous, tout en projetant l’image d’une puissance garante de l’ordre international, là où les diplomaties occidentales sont perçues comme parties prenantes au conflit. Reste à savoir si, une fois le texte paraphé, le Conseil de sécurité saura parler d’une seule voix, alors que les méfiances mutuelles perdurent et que les opinions publiques, de Téhéran à Washington, guettent la consolidation du cessez-le-feu.
| Presse iranienne et apparentée | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse israélienne | −0.10 | neutral |
Les médias iraniens présentent la proposition chinoise comme une étape pour mettre fin à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, en insistant sur la nécessité de soumettre tout accord au Conseil de sécurité de l'ONU pour en garantir la légitimité. Ils soulignent l'appel de la Chine à un cessez-le-feu et à une approche modérée pour ramener la paix au Moyen-Orient.
Les médias du Golfe arabe décrivent la Chine comme un médiateur clarifiant son rôle dans les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, en maintenant la communication avec toutes les parties, y compris le Pakistan. Ils soulignent la nécessité de concessions mutuelles et d'un engagement ferme en faveur d'un cessez-le-feu pour stabiliser la région.
La presse israélienne rapporte l'espoir chinois que les parties belligérantes puissent trouver un compromis, tout en relayant l'accusation iranienne selon laquelle les États-Unis auraient violé le cessez-le-feu par des frappes défensives. Elle mentionne l'estimation du secrétaire d'État américain Rubio selon laquelle un accord pourrait être conclu en quelques jours, reflétant une urgence prudente.
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