
Trump brandit la promesse d’un accord nucléaire avec Téhéran, mais le silence de l’Iran intrigue
Le président américain affirme que l’Iran a accepté de renoncer à l’arme nucléaire après des « très bonnes » négociations. Aucune confirmation iranienne, et un délai de 48 heures plane.
Le président Donald Trump a surpris la communauté diplomatique, mercredi 6 mai, en annonçant depuis le Bureau ovale que les États-Unis et l’Iran venaient de mener « des discussions très positives » au cours des dernières vingt-quatre heures. Selon lui, Téhéran aurait accepté de renoncer définitivement à la possession de l’arme nucléaire, condition sine qua non posée par Washington. « Il est tout à fait possible que nous concluions un accord », a-t-il déclaré, sans toutefois fixer d’échéance précise. Cette déclaration, relayée par plusieurs agences internationales, intervient alors que des sources proches des négociations évoquent l’élaboration d’un mémorandum d’une page qui servirait de base à une trêve dans le conflit du Golfe, laissant de côté les questions les plus épineuses comme le programme nucléaire civil iranien. Selon le site Axios, cité par la presse russe, Washington aurait donné à Téhéran un ultimatum de quarante-huit heures pour répondre à cette proposition.
Du côté iranien, le silence est pourtant assourdissant. Aucun responsable n’a confirmé les affirmations de Trump, et les médias d’État ne relatent pas ces prétendues avancées. Cette absence de confirmation, relevée par la BBC et Meduza, jette un doute sur la réalité d’un accord aussi rapide. La contradiction entre l’optimisme affiché par la Maison-Blanche et la discrétion de Téhéran n’a pas échappé aux observateurs, qui rappellent que les précédentes tentatives de négociation ont souvent échoué sur la question des garanties mutuelles et des sanctions.
Dans ce contexte, les capitales européennes – Paris, Berlin, Bruxelles – suivent la situation avec une prudence extrême. Si elles saluent toute avancée diplomatique, elles redoutent que la précipitation américaine ne cache un ultimatum déguisé. La France, en particulier, insiste sur la nécessité d’un cadre multilatéral incluant l’Agence internationale de l’énergie atomique. Du côté de l’Afrique francophone, où plusieurs pays – comme le Niger ou le Mali – sont engagés dans des partenariats nucléaires civils, l’éventualité d’un accord irano-américain suscite des interrogations sur l’avenir de la non-prolifération sur le continent.
Le discours de Trump comporte également une menace implicite : « Si nous n’y parvenons pas, nous devrons franchir une étape bien plus importante », a-t-il prévenu, évoquant une possible reprise des hostilités. Cette vague allusion, reprise par l’agence Interfax, rappelle que le président américain n’exclut pas une option militaire. Pourtant, certains analystes estiment que la fenêtre diplomatique est réelle, d’autant que Washington espère sceller un accord avant le voyage de Trump en Chine prévu à la mi-mai. Reste à savoir si Téhéran, qui n’a jamais officiellement renoncé à son droit à l’enrichissement, acceptera les conditions posées. L’incertitude demeure totale, et le monde retient son souffle.
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