
Trump exige l’uranium iranien, les négociations butent sur le nucléaire et la méfiance
Donald Trump affirme que les États-Unis récupéreront l’uranium enrichi iranien, alors que les deux camps se rapprochent d’un accord préliminaire sans régler les questions sensibles.
Au sortir d’une réunion à la Maison-Blanche, Donald Trump a lancé une déclaration laconique dont la portée dépasse de loin la brève réponse donnée à un journaliste : « Nous allons l’obtenir. » Ce « l’ » renvoie à l’uranium hautement enrichi que Téhéran détient, soit environ 408 kilogrammes – un stock que Washington exige comme gage du renoncement iranien à l’arme nucléaire. L’administration républicaine, qui avait justifié ses frappes militaires contre l’Iran par la nécessité d’empêcher toute prolifération, pose ainsi une condition non négociable dans les pourparlers en cours.
Les tractations, menées sous l’égide de médiateurs régionaux, ont récemment donné lieu à une proposition américaine en quatorze points que Téhéran affirme encore examiner. Les déclarations de Trump – « nous obtenons de très bons résultats », « les Iraniens veulent un accord » – contrastent avec la prudence affichée par les responsables iraniens. Un porte-parole de la commission parlementaire chargée de la sécurité nationale a minimisé les informations faisant état d’une percée, suggérant que des divergences profondes subsistent, notamment sur le calendrier et les modalités de la livraison de l’uranium.
Au-delà du tête-à-tête américano-iranien, la communauté internationale observe avec inquiétude ces échanges. Les capitales européennes, bien que non directement parties prenantes aux négociations, craignent qu’un accord bâclé, réduit à une simple « mémorandum d’une page », ne repousse les questions épineuses – inspection des sites, levée des sanctions, garanties de non-reprise du programme – sans les résoudre. Les pays du Golfe, eux, redoutent un nouveau cycle d’instabilité régionale si les conditions de Trump, perçues comme un diktat, exaspèrent Téhéran.
Reste à savoir si l’administration américaine parviendra à imposer cette prise de contrôle des matières fissiles sans déclencher une escalade. Le président républicain a évoqué une « fureur épique » qui s’éteindrait si l’Iran se pliait aux exigences – une menace implicite qui pèse sur des pourparlers déjà fragiles. L’option d’un accord minimal, permettant de sauver les apparences des deux côtés, semble la plus plausible à court terme, mais elle laisserait entier le problème de fond : la capacité nucléaire iranienne, suspendue mais non démantelée, continuerait d’alimenter les tensions dans une région déjà à vif.
Élargis ton regard
Trump suspend les frappes contre l’Iran, en attendant un accord rapide
2 langues · 74 sources
Depuis Economy & MarketsLa guerre au Proche-Orient propulse les bénéfices des majors pétrolières à des sommets
8 langues · 21 sources
Depuis TechnologyUn étage de fusée SpaceX va percuter la Lune le 5 août, offrant une expérience d’impact en conditions connues
7 langues · 16 sources