
Violences sexuelles : les procès Saad Lamjarred et Luck Mervil ébranlent la Francophonie
Le procès de Saad Lamjarred pour viol s'ouvre à Draguignan tandis que le chanteur québécois Luck Mervil rejoint le pénitencier.
L’ouverture lundi du procès de Saad Lamjarred devant la cour d’assises du Var, à Draguignan, pour le viol présumé d’une barmaid en 2018 à Saint-Tropez constitue le dernier chapitre d’une longue série judiciaire qui entache la carrière de la superstar marocaine. Âgé de quarante et un ans, l’artiste comparaît libre et conteste les faits, affirmant que la relation était consentie. La cour a ordonné le huis clos à la demande de la partie civile, qui souhaitait préserver l’intimité des débats.
Le verdict est attendu vendredi. Cette affaire s’inscrit dans un parcours judiciaire marqué par des accusations similaires aux États-Unis en 2010, au Maroc en 2015, et par une condamnation à six ans de prison en France en 2023 pour une autre agression sexuelle — peine dont Lamjarred a fait appel. Au sein de la presse marocaine, le procès suscite un mélange de réserve et de vigilance, beaucoup soulignant l’impact sur l’image du royaume et le traitement médiatique des violences sexuelles dans la région MENA.
La presse française, quant à elle, insiste sur la complexité d’une affaire où la parole de la victime, une jeune barmaid, est confrontée à la notoriété et aux ressources d’un accusé bénéficiant d’un réseau d’avocats de renom. Dans un parallèle frappant, le même jour, le chanteur québécois Luck Mervil, ancienne gloire de la comédie musicale Notre-Dame de Paris, a été conduit au pénitencier après sa condamnation à deux ans de prison pour agression sexuelle par la Cour du Québec à Rimouski. Le juge James Rondeau a souligné que la peine devait refléter « la répugnance de la société pour les crimes à caractère sexuel », ajoutant une probation de trois ans et une inscription au registre des délinquants sexuels.
Au Canada francophone, cette décision a été accueillie comme un signal fort dans un contexte où les affaires de violences sexuelles dans le milieu artistique se multiplient. Ces deux procès, bien que distincts par leur issue — l’un en cours, l’autre déjà jugé —, révèlent une même lame de fond : la justice, en France comme au Québec, semble désormais moins encline à fermer les yeux sur les abus commis par des personnalités publiques. Pour l’avenir, le cas Lamjarred pourrait constituer un test de crédibilité pour le système judiciaire français face à des accusations transnationales, tandis que la sentence de Mervil rappelle que la notoriété n’est plus un bouclier.
Reste à savoir si ces décisions contribueront à une prise de conscience durable dans l’industrie musicale francophone, où les silences ont longtemps prévalu.
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