
Washington verrouille l’accès aux modèles d’Anthropic, Séoul et Hong Kong en première ligne
Les États-Unis imposent des restrictions sur les modèles avancés d’Anthropic, soupçonnant des liens avec la Chine via la Corée du Sud, tandis que les grandes banques américaines interdisent leur usage à Hong Kong.
L’administration Trump a discrètement mais fermement resserré l’étau autour des modèles d’intelligence artificielle les plus performants de la start-up Anthropic, Fable 5 et Mythos 5. Selon des informations relayées par la presse américaine et sud-coréenne, Washington a ordonné à l’entreprise de suspendre l’accès de ces systèmes à tout utilisateur non américain, après avoir identifié, lors de l’examen d’une liste élargie de bénéficiaires, une entreprise de télécommunications sud-coréenne soupçonnée d’entretenir des liens avec la Chine. Bien que les autorités n’aient pas nommé la société visée, les projecteurs se sont immédiatement braqués sur SK Telecom, qui venait d’annoncer sa participation au programme Glasswing d’Anthropic et un accès anticipé au modèle Mythos 5. L’opérateur a démenti toute connexion avec Pékin, soulignant que son réseau cœur n’utilise aucun équipement Huawei, mais la suspicion a suffi à déclencher une réaction en chaîne.
Face à ce blocus, Anthropic a choisi une stratégie d’ancrage local plutôt que de repli. L’entreprise a officialisé l’ouverture d’un bureau à Séoul, présentant la Corée du Sud comme l’un de ses marchés à la croissance la plus rapide, porté par une base technique et une communauté de développeurs dynamiques. Cette implantation vise à maintenir une présence opérationnelle dans un pays clé pour l’industrie des semi-conducteurs et l’innovation en IA, tout en se conformant aux exigences de Washington. Elle illustre la nouvelle géographie fragmentée de l’intelligence artificielle, où les restrictions à l’exportation obligent les laboratoires à déplacer leurs talents et leurs serveurs plutôt que leurs lignes de code.
Parallèlement, les grandes banques d’affaires américaines ont pris les devants pour éviter toute contamination juridique ou réputationnelle. JPMorgan Chase et Goldman Sachs ont interdit à leurs employés basés à Hong Kong d’accéder aux modèles Claude d’Anthropic, selon des révélations de la presse financière. La décision, fondée sur une interprétation stricte des conditions d’utilisation qui excluent la Chine continentale, montre que les institutions financières, même en territoire hongkongais, anticipent un durcissement des contrôles américains sur les technologies sensibles. Cette prudence reflète une inquiétude plus large dans les places financières asiatiques, où l’accès aux outils d’IA avancés devient un enjeu de souveraineté numérique.
Au-delà du volet géopolitique, la Maison-Blanche a assorti ses restrictions d’une exigence technique : Anthropic devra corriger les failles de « jailbreaking » de ses modèles – ces techniques permettant de contourner les garde-fous éthiques par de simples invites textuelles – avant toute levée des barrières à l’exportation. Cette condition, révélée par le magazine Wired, souligne que la méfiance de Washington ne porte pas seulement sur les destinataires finaux des algorithmes, mais aussi sur la robustesse intrinsèque des systèmes d’IA face aux manipulations malveillantes. Elle place Anthropic dans une position délicate, contrainte de prouver la sécurité de ses créations tout en subissant la pression de partenaires internationaux frustrés par un accès brutalement restreint.
Cet épisode illustre la transformation de l’IA en instrument de puissance et de rivalité systémique, bien au-delà du seul face-à-face sino-américain. Pour la Corée du Sud, alliée technologique de premier plan, l’incident révèle la vulnérabilité des chaînes de valeur asiatiques face aux soupçons d’infiltration chinoise. Pour l’Europe, qui observe avec attention ces développements, le précédent renforce la nécessité d’une stratégie de « troisième voie » en matière d’IA, misant sur la certification de confiance et la souveraineté des infrastructures, comme l’esquisse le récent AI Act. Les pays francophones d’Afrique, de plus en plus dépendants des services cloud américains pour leurs ambitions numériques, pourraient à leur tour se trouver pris dans ce maillage de restrictions, si la logique de contrôle s’étend au-delà du théâtre asiatique. La fragmentation de l’accès aux modèles les plus avancés n’en est qu’à ses débuts.
| Presse russe et CEI | −0.50 | critical |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | 0.00 | neutral |
| Presse atlantique / anglosphère | +0.30 | aligned |
| Presse chinoise | −0.70 | critical |
Washington renforce son contrôle sur les exportations d'IA, poussant des entreprises comme Anthropic à se réfugier à Séoul. Les grandes banques américaines coupent l'accès aux modèles avancés à Hong Kong, alimentant les soupçons d'une croisade technologique contre la Chine.
La Maison Blanche lance un ultimatum à Anthropic : corriger les failles de sécurité avant de diffuser des modèles à l'étranger. Pendant ce temps, les grandes banques d'investissement étendent l'interdiction d'accès à l'IA au personnel de Hong Kong, sur fond de tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine.
Des mesures nécessaires pour empêcher l'IA de pointe de tomber entre de mauvaises mains. Anthropic doit corriger les vulnérabilités de jailbreaking, et les banques appliquent les contrôles à l'exportation pour stopper les fuites technologiques vers la Chine.
Les États-Unis utilisent les contrôles à l'exportation pour étouffer le développement de l'IA dans d'autres pays, forçant les entreprises à se délocaliser. L'hégémonie de Washington perturbe la coopération technologique mondiale et cible délibérément les marchés chinois.
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